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La CEA exhorte l’Afrique australe à renforcer sa résilience face à la crise du Moyen-Orient qui révèle des vulnérabilités économiques structurelles

23 juin, 2026
ECA urges Southern Africa to build resilience as Middle East crisis exposes structural economic vulnerabilities

Lusaka, Zambie, 23 le juin 2026 (CEA) – Le Bureau sous-régional en Afrique australe (BSR-AA) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) a appelé les pays d’Afrique australe à accélérer l’intégration régionale, à renforcer leur résilience économique et à mettre en œuvre des politiques coordonnées afin d’atténuer les répercussions croissantes de la crise actuelle au Moyen-Orient.

Cet appel a été lancé lors d’un dialogue régional de haut niveau sur le thème « Conséquences de la crise du Moyen-Orient sur l’Afrique australe : évaluation des impacts, mesures d’atténuation en cours et renforcement de la résilience régionale », qui a réuni de hauts responsables gouvernementaux, des représentants des communautés économiques régionales, des coordonnateurs résidents des Nations Unies, des partenaires au développement, des dirigeants du secteur privé, des organisations de la société civile et des experts en politiques publiques.

Ouvrant le dialogue, Mme Eunice G. Kamwendo, Directrice du bureau sous-régional de la CEA en Afrique australe, a averti que la crise actuelle représente un nouveau choc externe majeur après la pandémie de COVID-19 et le conflit russo-ukrainien et menace d’anéantir les progrès macroéconomiques durement acquis par la région.

« La crise du Moyen-Orient nous rappelle brutalement que la résilience n’est plus une option ; elle est essentielle à une transformation économique durable. L’Afrique australe doit renforcer sa capacité à résister aux chocs externes avant la prochaine crise », a déclaré Mme Kamwendo.

Elle a noté que les perturbations des marchés mondiaux de l’énergie et des routes maritimes ont fait grimper les prix des carburants, des engrais et des transports, accentuant la pression sur l’inflation, le commerce, les finances publiques et la sécurité alimentaire dans la région.

Malgré ces difficultés, Mme Kamwendo a souligné que l’évolution du contexte mondial offre des opportunités stratégiques à l’Afrique australe. Parmi celles-ci figurent l’augmentation du trafic maritime autour du cap de Bonne-Espérance, la hausse de la demande en minéraux critiques, l’accroissement des investissements dans les énergies renouvelables et un potentiel accru de création de valeur ajoutée régionale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Mme Zodwa Mabuza, Conseillère régionale auprès du Bureau régional de la CEA en Afrique australe (CEA/BSR-AA), a identifié quatre principaux impacts de la crise sur l’Afrique australe : la hausse des pressions énergétiques et budgétaires, les perturbations du commerce et de la logistique, le durcissement des conditions financières et la possible réduction des envois de fonds. Elle a également souligné les vulnérabilités propres à chaque pays et mis en lumière les opportunités de renforcer la résilience régionale grâce à la diversification énergétique, au développement industriel et à une intégration régionale plus poussée.

De son côté, l’Ambassadeur M. Mohamed Kadah, Secrétaire général adjoint aux programmes du COMESA, a réaffirmé l’engagement du COMESA à promouvoir l’intégration régionale, la transformation socio-économique et la création de valeur ajoutée en Afrique. Il a insisté sur le fait que le renforcement des chaînes de valeur régionales, notamment dans le secteur pharmaceutique, est essentiel pour réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs extérieurs, accroître la résilience aux chocs externes et accélérer la transformation économique durable grâce à une collaboration renforcée entre les États membres et les partenaires au développement.

Mme Wenyan Yang, Coordonnatrice résidente des Nations Unies au Botswana, a noté que si le récent cessez-le-feu au Moyen-Orient constitue une évolution positive, ses répercussions économiques continuent d’affecter les pays d’Afrique australe, notamment la hausse des prix des carburants, l’augmentation des coûts de transport et les pressions inflationnistes croissantes. Elle a souligné l’importance de renforcer les systèmes de protection sociale réactifs aux chocs, d’accélérer la diversification économique et d’approfondir la coopération régionale par le biais de mécanismes d’achats groupés, de réserves stratégiques et de réponses politiques coordonnées afin d’accroître la résilience face aux futurs chocs mondiaux.

Dans son intervention, M. Michael Lawrence, Secrétaire exécutif du Conseil des entreprises de la SADC, a souligné que les entreprises et les citoyens sont souvent les premiers à subir les chocs externes. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la facilitation des échanges, d’harmoniser les réglementations et d’améliorer la logistique transfrontalière afin d’accroître la résilience régionale. Il a également exhorté à une mise en œuvre plus rapide des programmes d’opérateur économique agréé (OEA) et a réaffirmé l’engagement du Conseil à collaborer avec les gouvernements, les organisations régionales et les partenaires au développement pour construire des chaînes de valeur régionales plus résilientes et intégrées.

D’autres intervenants, représentant les gouvernements, le secteur privé, la société civile, les bureaux des coordinateurs résidents des Nations Unies et les organisations régionales, ont partagé leurs expériences nationales et leurs réponses politiques. Les discussions ont mis en lumière la hausse du coût du carburant et des transports, les pressions inflationnistes croissantes, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, l’augmentation des prix des engrais et la hausse du coût de la vie qui affectent les ménages de toute la sous-région.

Les participants ont souligné que les réponses futures devraient privilégier les programmes de protection sociale ciblés, notamment les transferts monétaires et le soutien au transport pour les ménages vulnérables, tout en préservant les investissements publics dans la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire. Ils ont également appelé à une mise en œuvre accélérée de la ZLECAf, à la suppression des barrières non tarifaires, au renforcement des chaînes de valeur régionales, à une facilitation accrue des échanges et à des investissements plus importants dans les énergies renouvelables, la production régionale d’engrais et les réserves stratégiques.

Le dialogue a par ailleurs mis en lumière l’importance d’une action régionale coordonnée par le biais d’organisations telles que le COMESA et la SADC ; les participants ont insisté sur le fait que le renforcement du commerce intra-africain et de la coopération régionale demeure le rempart le plus durable contre les futurs chocs mondiaux.

En conclusion, les participants ont convenu que le renforcement de la résilience exige une action immédiate plutôt que des réponses réactives en temps de crise. Ils ont réaffirmé la nécessité de diversifier les économies, de renforcer les chaînes d’approvisionnement, de promouvoir la valeur ajoutée, d’améliorer la sécurité énergétique et de mieux se préparer aux futurs chocs externes, notamment aux risques liés au climat.

La CEA a réaffirmé son engagement à soutenir les États membres d’Afrique australe par le biais de recherches politiques fondées sur des données probantes, d’une assistance technique, d’un dialogue politique régional et de partenariats renforcés visant à promouvoir un développement économique durable, inclusif et résilient.

Publié par :
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