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Le Cameroun prépare sa stratégie pour participer au marché commun de l'Afrique

29 novembre, 2019
Des services tels que les transports et l’ingénierie des Technologies de l’information et des communications (TIC) sont également proposés pour le document final.

Yaoundé, le 29 novembre 2019 (CEALa première stratégie quinquennale du Cameroun sur laquelle sa participation lucrative à la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) est basée qui deviendra pleinement opérationnelle au 1er juillet 2020, date à laquelle les frontières s’ouvriront réellement, est en cours de finalisation.

Ceci intervient à la suite d’un processus d’examen intense d’un avant-projet de stratégie déposé par le Ministère de l’économie, de la planification et du développement régional et le Ministère du commerce du Cameroun avec le soutien technique d’experts du Centre africain pour la politique commerciale (ATPC), de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale. L’exercice a bénéficié du soutien financier de l’Union européenne (UE).

Le projet de document que plusieurs experts ont examiné en deux sessions plus importantes - une à Douala et une à Yaoundé - identifie des segments productifs, notamment dans l’agro-industrie, dans lesquels le Cameroun a des avantages comparatifs pour bénéficier des 1,2 milliard d’habitants prometteurs et de plus de 2 500 milliards de dollars américains, créés par la ZLECA. À cet égard, les sous-secteurs de l’huile de coton et de l’huile de palme ainsi que la transformation des céréales ont été soulignés comme les domaines les plus prometteurs.

Les autres domaines productifs rentables mis en évidence sont le caoutchouc et les produits dérivés du caoutchouc, le verre et la verrerie, l’équipement électrique, les produits ménagers, le bois et la menuiserie et la valorisation des minéraux ainsi que les produits métalliques, en particulier ceux à base d’aluminium.

Des services tels que les transports et l’ingénierie des Technologies de l’information et des communications (TIC) sont également proposés pour le document final.

« Il est en effet important que le Cameroun se dote d’instruments opérationnels qui permettent à notre pays non seulement de se préparer à tirer le meilleur parti des opportunités qu’offre ce vaste marché continental mais aussi à réduire les risques associés en prévoyant des mesures d’atténuation adéquates », déclare Paul Tasong, Ministre délégué au Ministère de l’économie, de la planification et du développement régional lors de l’ouverture de la session d’examen, à Yaoundé, le 27 novembre 2019.

Il fait remarquer que « pour tirer pleinement parti des avantages potentiels de la Zone de libre-échange continentale africaine, il faut faire face à de multiples défis en utilisant un large éventail de politiques complémentaires pour renforcer le lien entre la production, l’industrialisation et le commerce ».

« Cela m’amène à citer le chef de l’État qui nous exhorte à remporter ensemble la bataille du développement », informe le ministre.

Plusieurs interventions stratégiques se basent sur le projet de stratégie. Elles comprennent : assurer une large appropriation de l’accord de la ZLECA ; reformer le cadre juridique et institutionnel du pays en matière de commerce extérieur ; améliorer la qualité des infrastructures économiques et commerciales ; réduire les barrières tarifaires et non tarifaires et tous les obstacles au commerce ; stimuler la transformation locale des produits de base ; développer des chaînes de valeur transfrontalières ; mettre en place des mesures de réserve ; donner la priorité au commerce avec des économies énormes dans le voisinage géographique du Cameroun comme le Nigéria et la République démocratique du Congo et assurer la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de la stratégie.

À cet égard, Antonio Pedro, Directeur du Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale, fait valoir que « la création d’un environnement commercial propice à l’amélioration de la capacité de production du secteur privé préoccupe à la fois les acteurs étatiques et non étatiques ».

« C’est l’un de ces cas où la collaboration entre le secteur public et le secteur privé doit être à son meilleur niveau ; la cohérence entre le commerce, le développement industriel et les politiques étrangères doit être renforcée et une plus grande attention doit être accordée aux interventions aux niveaux macro et micro », ajoute-t-il.

Il fait remarquer que les taxes prohibitives et une infrastructure inadéquate tuent les entreprises et appelle à des mesures pour améliorer l’accès des entreprises au financement, à la technologie et à la main-d’œuvre qualifiée.

Pedro mettant l’objectif de l’exercice en perspective, affirme que « l’adhésion du Cameroun à ce nouveau marché doit contribuer à la création d’échanges plutôt qu’à une diversion des échanges ».

« Plus précisément, cela doit contribuer à une augmentation significative des exportations du Cameroun vers le reste de l’Afrique. Le nouveau marché doit également permettre au Cameroun d’obtenir de meilleurs approvisionnements en intrants et facteurs de production nécessaires à son économie ».

Il dit : « il faut que l’avènement de ce grand marché permette au Cameroun de mieux diversifier son économie, voire de s’industrialiser. Cela doit se faire par la production de biens de plus en plus sophistiqués à haute valeur ajoutée. Cela est possible car la demande est là », admet-il.

Plus de 100 participants, dont des représentants du gouvernement, des associations d’employeurs industriels, la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat, des associations de consommateurs et de femmes, des défenseurs de la société civile, des encadreurs de l’entrepreneuriat, des spécialistes du commerce international, des professionnels des médias et des entrepreneurs, des expéditeurs et universitaires conviennent que ces mesures sont cruciales pour éviter un scénario où le Cameroun devienne un dépotoir pour de meilleurs biens et services produits ailleurs, lorsque le marché commun deviendrait opérationnel.

Le Cameroun et d’autres pays africains parties à l’Accord de la ZLECA s’engagent à éliminer les droits de douane sur 90% des biens qu’ils produisent destinés à d’autres marchés africains. Dans ce contexte, le commerce intra-africain augmentera de 52,3% d’ici 2040 et attirera au Cameroun, un flux important d’investissements et d’opportunités, avec une stratégie consolidée et bien mise en œuvre.

Les experts de l’examen qui vient de s’achever insistent pour que la stratégie soit alignée autant que possible sur des cadres opérationnels de développement plus larges tels que le Document de stratégie nationale pour la croissance et l’emploi du Cameroun et le Plan directeur de développement industriel du pays.

Les autres domaines signalés comprennent la qualité et la sécurité des biens et services ; le financement durable de la production, le développement continu des capacités et la mobilisation cohérente des acteurs clés, par exemple via une plateforme numérique participative.

Un budget pour la mise en œuvre de la stratégie est toujours en cours de finalisation, mais les examinateurs ont clairement indiqué qu’il devra être corrélatif. Il devra permettre la reforme et la modernisation des infrastructures existantes ; le développement de nouvelles infrastructures avec une importance particulière pour la construction de chemins de fer et de matériel roulant ; le financement de campagnes diplomatiques et marketing agressives et systématiques pour investir et acheter au Cameroun ; et repositionner Douala comme plaque tournante du transport aérien en Afrique centrale.

Un Comité national de mise en œuvre dirigé par le ministre du commerce doit être créé et avoir pour mission de superviser l’opérationnalisation de la stratégie nationale de la ZLECA, une fois approuvé.

Bien que les ministères des travaux publics, de l’eau et de l’énergie, des postes et télécommunications, des transports, du logement et du développement urbain et de la propriété étatique et du régime foncier aient été identifiés comme des acteurs essentiels au succès de la stratégie, le secteur privé est désigné comme l’acteur le plus concerné.

M. Olomo Ateke Engelbert, qui a clôturé la session d’examen à Yaoundé au nom du ministre de l’économie, de la planification et du développement régional, a donc apprécié la contribution du secteur privé tout au long du processus menant à la formulation de la stratégie et déclare qu’ils devront se mettre au travail immédiatement pour faire du Cameroun un gagnant sur le marché continental.

-FIN-