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L’Afrique est invitée à renforcer sa gouvernance de la dette grâce aux données et aux technologies, selon le nouveau rapport de la CEA

1 avril, 2026
L’Afrique est invitée à renforcer sa gouvernance de la dette grâce aux données et aux technologies, selon le nouveau rapport de la CEA

Tanger, Maroc, le 1er avril 2026 – Les pays africains doivent renforcer leurs systèmes de gouvernance de la dette en optimisant l’utilisation des données et des technologies, et en réformant leurs institutions afin de garantir la viabilité de leurs finances publiques et de soutenir le développement. C’est ce qu’ont appris les participants lors d’un évènement parallèle de haut niveau organisé en marge de la Conférence des ministres (CoM 2026).

Cet évènement, intitulé « Tirer parti des données et des technologies pour renforcer la mobilisation des ressources nationales et la gouvernance de la dette en Afrique », a réuni des décideurs politiques, des partenaires au développement et des experts afin d’examiner comment les outils numériques peuvent améliorer la transparence, la responsabilité et la résilience budgétaire.

La CEA publie le Rapport sur la gouvernance économique (EGR3)

Cette session a marqué le lancement officiel de la troisième édition du Rapport sur la gouvernance économique (EGR3) de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).

Dans son discours d’ouverture, au nom de la Secrétaire exécutive adjointe et Économiste en chef Hanan Morsi, Stephen Karingi a souligné :

« Le défi de la dette en Afrique ne réside pas principalement dans le montant emprunté, mais dans la manière dont la dette est gouvernée ».

Il a souligné que le resserrement des conditions financières mondiales, la hausse des taux d’intérêt et les pressions géopolitiques accentuent les tensions budgétaires sur le continent, rendant indispensables des systèmes de gouvernance plus robustes.

La viabilité de la dette est un enjeu de gouvernance.

Présentant ledit Rapport, Gamal Ibrahim a insisté sur le fait que la viabilité de la dette doit dépasser les indicateurs traditionnels :

« La viabilité de la dette repose fondamentalement sur les institutions, la transparence et l’efficacité avec laquelle la dette soutient le développement ».

Le rapport constate que :

  • Plus de 40 % des pays africains consacrent davantage de ressources au service de la dette qu’à la santé ;

  • Les systèmes de données sur la dette restent fragmentés et incomplets ;

  • La faiblesse de la coordination et du contrôle continue de nuire à la discipline budgétaire.

EGR3 propose une approche de « gouvernance favorisant la croissance », axée sur :

  • Une coordination institutionnelle renforcée ;

  • Des systèmes de données intégrés et transparents ;

  • Un alignement des emprunts sur les priorités nationales de développement.

Les participants ont souligné que les systèmes de données sont essentiels à une gouvernance budgétaire efficace. Les plateformes numériques intégrées peuvent améliorer le suivi des risques, renforcer la prise de décision et améliorer la coordination entre les systèmes fiscaux, de dette et budgétaires.

Toutefois, les intervenants ont souligné que la technologie doit s’appuyer sur :

  • Des cadres juridiques solides ;

  • Des capacités institutionnelles ;

  • Des ressources humaines qualifiées.

Sans ces éléments, les outils numériques ne peuvent avoir d’impact significatif.

Les discussions ont également mis en lumière l’importance de la coopération fiscale internationale et des systèmes fiscaux numérisés pour renforcer la mobilisation des ressources nationales.

Un meilleur partage des données et des cadres fiscaux mondiaux inclusifs peuvent aider les pays africains à :

  • Élargir leur assiette fiscale ;

  • Réduire les flux financiers illicites ;

  • Accroître leur marge de manœuvre budgétaire pour le développement.

Appel à une action coordonnée

Les participants ont plaidé pour :

  • Des cadres de données intégrés sur la dette ;

  • Des systèmes juridiques et réglementaires renforcés ;

  • Des investissements dans les capacités techniques ;

  • Une coordination africaine accrue dans la gouvernance financière mondiale.

La session s’est conclue sur un message commun : l’avenir budgétaire de l’Afrique dépend non seulement de l’accès au financement, mais aussi de l’efficacité de sa gouvernance.

Publié par :
La Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
BP 3001 
Addis-Abeba (Éthiopie) 
Tél. +251 11 551 5826 
Adresse électronique : eca-info@un.org