CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES SUR
LA BIODIVERSITÉ 2026
Séance d’information organisée par la Présidence arménienne de la dix-septième Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique
Allocution
du
Secrétaire général adjoint de l’Organisation des Nations Unies
et Secrétaire exécutif de la CEA
Claver Gatete
Addis-Abeba
10 septembre 2026
Excellence, M. Mher Margaryan, Envoyé spécial de la Présidence arménienne de la dix-septième Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique,
M. Davit Knyazyan, Chef du Département de la politique multilatérale et de la coopération au développement du Ministère arménien des affaires étrangères,
Mme Margaret Oduk, Directrice du Bureau de liaison du PNUE à Addis-Abeba,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames et Messieurs,
Je tiens tout d’abord à souhaiter la bienvenue au représentant de la future Présidence arménienne de la dix-septième Conférence des Parties à la Commission économique pour l’Afrique, et à le remercier d’avoir organisé cette importante séance d’information à Addis-Abeba.
Le moment de cette rencontre ne pourrait être mieux choisi. Il ne reste plus que quelques semaines avant la tenue de la dix-septième Conférence des Parties à Erevan, qui offrira une excellente occasion d’accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Cette question revêt évidemment une grande importance pour l’Afrique, étant donné que la biodiversité constitue l’un des principaux atouts stratégiques du continent.
L’Afrique abrite plus d’un quart de la biodiversité mondiale et inclut 8 des 36 « points chauds » de biodiversité que compte la planète.
À lui seul, le bassin du Congo, qui constitue la deuxième plus grande forêt tropicale humide du monde, abrite environ 10 % de la biodiversité mondiale.
Cette richesse naturelle est à la base de nos systèmes alimentaires et hydriques, de nos moyens de subsistance et de nos économies respectives.
Plus de 62 % de la population rurale africaine dépend directement des services écosystémiques. Or, on estime que le capital naturel de notre continent s’appauvrit chaque année d’une valeur équivalant à 195 milliards de dollars à cause d’activités non durables et illicites.
Ainsi, pour l’Afrique, la biodiversité ne peut pas être considérée comme une simple question environnementale. Il s’agit d’un enjeu économique et de développement.
Excellences,
Lorsque nous dégradons la nature, nous sapons les fondements mêmes de notre développement. Et c’est pour cela que la biodiversité doit être prise en compte dans nos décisions économiques.
Elle doit figurer dans nos plans de développement nationaux, dans nos politiques budgétaires et d’investissement, ainsi que dans les choix que nous faisons en ce qui concerne les infrastructures, le commerce et l’industrialisation.
Et il se trouve que la CEA collabore étroitement avec ses États membres à cet égard.
Nous apportons notre appui à nos États membres suivant trois axes quasiment indissociables : renforcer la prise en compte du facteur naturel dans les décisions économiques, intégrer la biodiversité dans la planification du développement et mobiliser de nouvelles sources de financement.
En ce qui concerne la comptabilité et l’évaluation du capital naturel, nous aidons les pays à mieux quantifier la contribution des écosystèmes à leur économie.
Par exemple, grâce à notre boîte à outils destinée à évaluer l’économie bleue, nous contribuons à mieux faire connaître la valeur économique des atouts marins et côtiers auprès des décideurs et des investisseurs.
En ce qui concerne l’intégration dans les politiques, notre cadre pour les stratégies nationales en faveur de la biodiversité aide les pays à mettre en phase leurs engagements en la matière avec leurs priorités nationales de développement et leur planification macroéconomique.
Pour ce qui est du financement de la biodiversité, la CEA élabore actuellement une boîte à outils sur les crédits biodiversité destinée à aider les décideurs à mettre en place les conditions politiques, règlementaires et institutionnelles nécessaires au bon fonctionnement de marchés de crédits biodiversité à forte intégrité.
Mais notre ambition ne doit pas se limiter à la seule préservation de la biodiversité.
Nous devons également examiner le potentiel offert par les richesses naturelles de l’Afrique pour la création d’emplois, en particulier pour les femmes et les jeunes, ainsi que pour le renforcement de secteurs comme l’agriculture, la pêche et le tourisme, et la mise en place d’une économie plus diversifiée et plus résiliente.
Et nous devons réfléchir à la manière dont l’Afrique pourrait conserver une plus grande partie de la valeur générée par sa biodiversité.
L’Afrique doit aller au-delà de son rôle traditionnel de simple fournisseur de ressources biologiques et de données brutes.
Nous devons renforcer nos capacités de recherche et d’innovation et de biotechnologie, ainsi que dans d’autres domaines qui nous permettront de tirer davantage de valeur de ces ressources.
Notre ambition ne doit pas se limiter à la conservation et à l’utilisation durable de notre biodiversité ; nous devons aussi chercher à créer, à capter et tirer de celle-ci une plus grande valeur économique et technologique.
Excellences,
L’accent mis sur la conservation, la création de valeur et les potentialités économiques devrait contribuer à définir les priorités de l’Afrique lors de la dix-septième Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique.
Nous devons progresser dans la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité.
Nous avons besoin de financements suffisants, prévisibles et accessibles.
Et nous avons besoin d’une coopération internationale qui permette aux pays africains de se doter des technologies et des capacités nécessaires pour participer de manière plus compétitive à l’économie de la biodiversité.
Nous devons aussi être conscients que la biodiversité, le climat et la dégradation des sols ne sont pas des questions qui peuvent être abordées de façon isolée.
Les préparatifs de la Conférence des Parties à Erevan, et de la COP32 qui aura lieu ici à Addis-Abeba en 2027, nous offrent l’occasion de renforcer les liens entre ces questions et de les mettre au service de la transformation économique globale de l’Afrique.
Mesdames et Messieurs,
Il est de notre responsabilité à toutes et à tous de veiller à ce que la diversité biologique africaine contribue davantage au développement et à la transformation économique de notre continent.
Nous devons protéger cette richesse naturelle et l’exploiter de manière durable, tout en veillant à ce que notre population en tire une plus grande valeur économique.
C’est dans cet esprit que la CEA demeure déterminée à collaborer avec ses États membres, l’Union africaine et ses partenaires afin de contribuer à la concrétisation de cet objectif.
Je vous remercie de votre aimable attention et je me réjouis par avance d’une Conférence des Parties des plus fructueuses à Erevan.
