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Les acteurs réclament avec vivement des financements climatiques et des moyens d’action renforcées à la clôture de la CCDA-14, en vue de la COP31

9 septembre, 2026
Stakeholders close CCDA-14 with strong calls for climate finance, stronger agency and delivery ahead of COP31

Addis-Abeba, le 9 septembre 2026 (CEA) – La quatorzième Conférence sur le changement climatique et le développement en Afrique (CCDA-14) s’est achevée aujourd’hui à Addis-Abeba. Elle a adopté une série de messages clés exhortant l’Afrique à passer d’une simple participation aux questions climatiques à une véritable capacité d’action et des promesses à la mise en œuvre concrète, alors que le continent se prépare pour la COP31 à Antalya et pour la COP32, qui se tiendra à Addis-Abeba en 2027.

Organisée dans le cadre du programme « Le climat pour le développement en Afrique » (ClimDev-Africa) – une initiative conjointe de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), de la Commission de l’Union africaine (CUA), de la Banque africaine de développement (BAD) et de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), en partenariat avec l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA) – cette conférence de trois jours a rassemblé des décideurs politiques, des négociateurs, des institutions financières, des chercheurs, des représentants de la société civile, des jeunes, des femmes et le secteur privé autour du thème : « Des promesses à la mise en œuvre : la feuille de route Belém-Antalya-Addis ».

La quatorzième session, clôturée par la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA, Hanan Morsy, a appelé à l’élaboration d’un agenda climatique africain cohérent, fondé sur l’équité, le développement durable, la responsabilité et l’appropriation africaine. Elle a exhorté l’Afrique à renforcer sa capacité d’action climatique en façonnant la gouvernance mondiale, en mobilisant des financements transformateurs et en faisant progresser la science, la technologie et l’innovation. La conférence a préconisé que le parcours de l’Afrique vers les COP31 et COP32 privilégie des financements climatiques prévisibles, adéquats, accessibles et sans endettement, ainsi que le renforcement des institutions, l’amélioration des capacités en matière de données et d’innovation, et l’intensification des investissements dans l’adaptation et les systèmes d’alerte précoce au profit des villes, des collectivités locales et des communautés vulnérables. Enfin, elle a souligné que l’action climatique devait stimuler la transformation économique par l’intégration régionale, l’industrialisation, la gestion des minéraux critiques, les approches d’économie circulaire et de bioéconomie, la sécurité alimentaire, la paix et un développement urbain résilient, le tout soutenu par des trajectoires de transition justes, inclusives et sensibles au genre.

Plus tôt dans la semaine, le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a déclaré que le récit de l’Afrique face au climat « ne devait pas se résumer à la seule vulnérabilité », exhortant le continent à « revendiquer la justice climatique et un soutien international accru, tout en tirant parti de ses atouts pour contribuer à définir les règles, les investissements et les solutions qui orientent l’action climatique mondiale ». Le Commissaire de la CUA, Moses Vilakati, a souligné que la conférence « nous invite à dépasser la question de ce que l’Afrique devrait attendre de la COP31... pour nous tourner vers ce que l’Afrique devrait proposer au monde ».

James Kinyangi, de la BAD, a affirmé que « l’Afrique n’est pas simplement une victime du changement climatique ; nous sommes une source de solutions », tandis qu’Olubunmi Obasanjo-Williams, d’Afreximbank, a rappelé aux délégués que « la vulnérabilité ne résume pas à elle seule la réalité africaine ». De son côté, Mithika Mwenda, de la PACJA, a appelé les délégués à passer « de la déclaration à une action concrète ».

Il a été rappelé aux délégués que l’Afrique contribue à moins de 4 % des émissions mondiales, mais qu’elle a besoin d’environ 277 milliards de dollars des États-Unis par an pour mettre en œuvre ses contributions déterminées au niveau national (CDN) d’ici à 2030, alors que les flux actuels ne couvrent qu’environ 11 % de ces besoins.

Points saillants adoptés lors de la CCDA-14.

Passer de la participation à l’action climatique

• L’Afrique doit passer de la simple participation à une véritable action climatique, en façonnant la gouvernance climatique mondiale, la finance, la technologie, les institutions et les voies de mise en œuvre.

• L’ambition climatique doit se traduire par des actes concrets : les engagements doivent se concrétiser en lois, en budgets, en investissements, en institutions responsables et en résultats mesurables.

• Une coordination étroite aux niveaux national, régional et continental est essentielle pour garantir la cohérence des positions de négociation et l’efficacité de la mise en œuvre.

• Les parlements africains jouent un rôle crucial quand il s’agit de traduire les engagements mondiaux en mesures législatives et budgétaires, ainsi que de contrôler et mettre en œuvre ces engagements.

Gouvernance climatique mondiale

• L’Afrique a besoin d’une position cohérente fondée sur l’équité, les priorités de développement et le droit au développement, tout en préservant sa marge de manœuvre politique et l’usage de ses ressources naturelles.

• La CCNUCC demeure indispensable pour assurer la légitimité et définir des obligations négociées ; toutefois, la diplomatie climatique africaine doit également s’adresser aux institutions financières internationales, aux régimes commerciaux et technologiques, ainsi qu’aux processus d’élaboration de normes.

• La CCNUCC devrait accorder une plus grande importance à la mise en œuvre, notamment en renforçant les capacités d’élaboration des contributions déterminées au niveau national (CDN), des communications sur l’adaptation et des rapports biennaux de transparence.

Refonder le pacte mondial sur le financement climatique

• Les pays développés doivent honorer les obligations découlant de la Convention et de l’article 9.1 de l’Accord de Paris en fournissant des financements climatiques prévisibles, adéquats et accessibles.

• Le financement doit être structurellement transformateur, dépasser les approches centrées sur des projets isolés et renforcer les institutions budgétaires nationales ainsi que les mécanismes de financement pilotés par l’Afrique ; les décisions d’investissement ne doivent pas être dictées principalement par les rendements financiers.

• L’efficacité du financement climatique doit être évaluée à l’aune de la valeur créée et conservée en Afrique (valeur ajoutée locale, industrialisation, emplois, transfert de technologie), tout en s’attaquant aux problèmes de rapatriement des bénéfices, du service de la dette, des flux financiers illicites et de la dépendance aux importations.

• L’adaptation constitue un investissement et non un coût ; ses retombées doivent être intégrées dans la planification nationale, les budgets et les décisions des banques multilatérales de développement.

Article 6 et tarification du carbone

• La tarification du carbone peut soutenir les objectifs climatiques et de développement lorsqu’elle est adaptée aux contextes nationaux et étayée par des analyses coûts-avantages rigoureuses ainsi que par des mécanismes solides de suivi, de déclaration et de vérification.

• La tarification du carbone doit être introduite progressivement, en cohérence avec les priorités nationales de développement, et les recettes générées doivent financer les technologies propres, la transformation économique et la création d’emplois.

• L’Afrique doit passer du simple renforcement des capacités à la mise en place de marchés du carbone fonctionnels et d’une grande intégrité, capables de mobiliser des capitaux privés et de générer des avantages tangibles pour les communautés.

Science, innovation et gouvernance des données

• L’Afrique doit passer de la simple production de données climatiques à une intelligence intégrée des risques climatiques, directement exploitable pour la prise de décision, articulée autour d’investissements bancables et d’une responsabilité financière accrue.

• Le défi de l’Afrique en matière de capacités relève principalement de la reconnaissance, de l’investissement et des ressources, plutôt que du seul savoir ; il est nécessaire de renforcer la gouvernance des données pilotée par l’Afrique ainsi que l’investissement dans la recherche.

• Les savoirs autochtones et locaux, ainsi qu’une science tenant compte de la dimension de genre, doivent être intégrés, en renforçant les liens entre science et politique pour éclairer la prise de décision.

Services d’information climatique et systèmes d’alerte précoce

• L’Afrique a besoin d’une chaîne de valeur intégrée pour l’alerte précoce, reliant observation, prévision, communication, action anticipatoire, financement et intervention, afin d’éviter la fragmentation en systèmes parallèles.

• Le Mécanisme de financement des observations systématiques (SOFF) devrait être étendu à tous les pays qui en ont besoin, avec des ressources sanctuarisées pour les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) et une autorité de régulation couvrant toutes les stations d’observation.

• L’information climatique doit évoluer : il faut passer de prévisions génériques à des services spécifiques à chaque secteur et fondés sur les impacts ; l’Appel à l’action d’Addis-Abeba sur les systèmes d’alerte précoce doit être mis en œuvre, l’année 2027 marquant une étape clé et non un aboutissement.

Transitions justes et minéraux critiques

• Il est essentiel que l’Afrique soit actrice de son propre destin pour garantir que les minéraux critiques et la transition énergétique favorisent l’industrialisation, la sécurité énergétique et une croissance inclusive ; cela nécessite une gouvernance renforcée, une intégration régionale et une réforme des cadres internationaux.

• Une transition énergétique juste doit s’accompagner d’une transition juste dans le secteur minier et permettre aux pays producteurs de capter une part équitable de la valeur, des technologies, des revenus et des emplois grâce à la transformation et à la valorisation locales.

• La transition doit favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales ancrées dans le Projet Afrique « Extraction minière », la Stratégie africaine pour les minéraux verts et la ZLECAf, tout en évitant de faire peser sur le continent des coûts environnementaux et sociaux disproportionnés. M. Kinyangi de la BAD a souligné que l’Afrique détient 60 % du potentiel solaire mondial et que le Guichet d’action climatique de la Banque a mobilisé 450,9 millions de dollars des États-Unis au profit de 37 pays à faible revenu. Mme Obasanjo-Williams d’Afreximbank a annoncé que la banque consacrerait 5 % de ses prêts à long terme au financement climatique d’ici 2030 - dont 70 % à l’adaptation - en citant l’exemple du projet de chaîne de valeur des batteries entre la RDC et la Zambie.

• La transition énergétique de l’Afrique doit être pilotée par le continent lui-même, en privilégiant l’accès, l’abordabilité, la fiabilité et une marge de manœuvre politique propice à un développement inclusif.

Économie circulaire

• L’économie circulaire doit être envisagée comme un levier de compétitivité, de développement et de transformation, favorisant la résilience, l’industrialisation verte et la création d’emplois.

• Les cadres nationaux de développement et d’action climatique (notamment les CDN et les PNA) doivent intégrer systématiquement des approches fondées sur l’économie circulaire, soutenues par des financements, des infrastructures et une main-d’œuvre qualifiée.

• La CUA, la CEA, la BAD et leurs partenaires devraient élaborer une feuille de route continentale pour l’économie circulaire en vue des COP31 et COP32.

• Le Plan d’action continental de l’Union africaine pour l’économie circulaire (2024-2034) doit être déployé à plus grande échelle grâce à des feuilles de route nationales, en tirant parti de la ZLECAf pour bâtir des chaînes de valeur régionales.

• L’Alliance africaine pour l’économie circulaire (ACEA) et le Mécanisme africain pour l’économie circulaire (ACEF), hébergé par la BAD, doivent être renforcés afin de transformer le leadership politique en opportunités bancables et prêtes à l’investissement.

Adaptation, résilience et leadership urbain

• Les villes doivent être reconnues comme des pôles d’accueil majeurs pour les déplacements et la mobilité liés au climat ; elles doivent anticiper à la fois les pertes climatiques et l’arrivée de personnes déplacées, en considérant l’accès sécurisé au foncier, au logement et aux services comme des infrastructures d’adaptation.

• La mobilité climatique, le logement et la résilience urbaine doivent être intégrés dans les contributions déterminées au niveau national (CDN) et les plans nationaux d’adaptation (PNA), assortis d’un financement direct et prévisible pour les villes et les collectivités locales.

• Un cadre mondial de responsabilisation plus robuste en matière d’adaptation est nécessaire ; il doit lier les engagements nationaux et mondiaux à une mise en œuvre ancrée localement et à des résultats mesurables en termes de résilience.

Agriculture, sécurité alimentaire et systèmes alimentaires

• L’agriculture doit être redéfinie comme un système agroalimentaire résilient face au climat et comme un pilier central des négociations climatiques et non comme un simple secteur de production ; la sécurité alimentaire doit constituer un résultat incontournable de l'action climatique.

• Une approche intégrée des systèmes alimentaires est requise et doit relier la production, les ressources naturelles, les marchés, la nutrition et les moyens de subsistance, avec la résilience comme principe directeur pour les investissements et les politiques.

• Le processus de la CCNUCC doit mieux reconnaître les systèmes alimentaires, les exploitants agricoles et les chaînes de valeur agroalimentaires de l’Afrique. La mise en œuvre concrète - plans chiffrés et réalisables, institutions compétentes, projets bancables et financements accessibles - constitue le véritable test de l’ambition.

Climat, paix et sécurité

• Le changement climatique agit comme un multiplicateur de risques pour la paix, la sécurité et la cohésion sociale, exacerbant l’insécurité alimentaire, hydrique et énergétique, la concurrence pour les ressources, les déplacements de populations et les inégalités.

• L’Union africaine et ses États membres doivent finaliser, adopter et opérationnaliser la Position commune africaine sur le climat, la paix et la sécurité, en assurant une appropriation institutionnelle claire.

• L’analyse des risques liés au climat et aux conflits doit être intégrée aux systèmes d’alerte précoce, à la réduction des risques de catastrophe et à l’action anticipatoire, ainsi qu’aux CDN, aux PNA et aux efforts de consolidation de la paix, tout en garantissant un financement de l’adaptation accru et prévisible pour les contextes de fragilité et de conflit.

Pour faire avancer ce programme, la CCDA-14 a mis en place six comités de travail — portant respectivement sur la finance climatique et les marchés du carbone, l'agriculture et les systèmes alimentaires, la transition juste et les minéraux critiques, l'économie circulaire, ainsi que l'adaptation et le lien entre changement climatique et développement. Chaque comité est composé d'un président, d'un vice-président, d'un secrétaire et de six à dix experts techniques représentant les différentes régions d'Afrique. Sous la coordination du Secrétariat de ClimDev-Africa, les comités intégreront les résultats de la COP31 - notamment la Feuille de route de Belém-Antalya-Addis - et prépareront un rapport consolidé pour la CCDA-XV ; ce rapport évaluera l'état de la mise en œuvre du financement climatique en Afrique et recommandera des actions prioritaires en vue de la COP32, que l'Éthiopie accueillera à Addis-Abeba en novembre 2027.

Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
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