Yaoundé, 30 juillet 2026 (CEA) – En Afrique centrale, la concrétisation des engagements pris au titre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en transactions commerciales effectives demeure limitée. Dans le cadre de l’Initiative du commerce guidé de la ZLECAf, le Cameroun reste, à ce jour, le seul pays de la sous-région à avoir réalisé des échanges dans le cadre des préférences commerciales de l’Accord. Cette situation met en évidence la nécessité d’accélérer la préparation institutionnelle et opérationnelle des États afin que davantage d’entreprises puissent accéder au marché unique continental.
Pour répondre à ce défi, la Commission économique pour l’Afrique (CEA), à travers son Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale, le Centre africain de politique commerciale (CAPC) et l’Institut africain de développement économique et de planification (IDEP) réunira à Yaoundé, du 4 au 7 août 2026, des représentants des Comités nationaux de mise en œuvre de la ZLECAf des 8 pays de la sous-région, les communautés économiques régionales ainsi que les principaux partenaires institutionnels. Placé sous le thème « Accélérer l’opérationnalisation de la ZLECAf en Afrique centrale : appui au développement des capacités techniques des Comités nationaux de mise en œuvre », le séminaire vise à renforcer l’efficacité des comités nationaux qui constituent des mécanismes essentiels chargés de faciliter la mise en œuvre de l’Accord à travers des réformes, des services aux opérateurs économiques et des actions concrètes favorisant le commerce. Cette activité est organisée en partenariat avec le Centre de services régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Centre du commerce international (CCI), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), et en consultation avec le secrétariat de la ZLECAf.
Le défi est systémique. Tirer pleinement parti des préférences de la ZLECAf nécessite la mise en œuvre simultanée de plusieurs leviers notamment les offres tarifaires, les règles d’origine, les procédures douanières, la levée des barrières non tarifaires, l’infrastructure qualité, le commerce des services et le commerce numérique, la gestion des frontières, la logistique, le financement, l’information des opérateurs ainsi que le suivi des réformes. Dans cette architecture, les Comités nationaux jouent un rôle central : ils coordonnent la mise en œuvre des stratégies nationales en mobilisant les administrations, les organismes techniques et le secteur privé. Leurs interventions couvrent notamment la mise en œuvre du démantèlement tarifaire, le suivi et le règlement des barrières notifiées, la délivrance des certificats d’origine et autres appuis aux entreprises tels que les partenariats commerciaux dans les pays d’exportation. Toutefois, l’existence, le niveau d’opérationnalisation, les capacités techniques et les mécanismes de suivi des Comités nationaux demeurent inégaux d’un pays à l’autre.
« Le faible recours aux préférences de la ZLECAf en Afrique centrale ne traduit pas un manque d’ambition, mais plutôt une chaîne de mise en œuvre encore incomplète. Lorsque les offres tarifaires, les règles d’origine et les engagements spécifiques, les procédures douanières, les normes et l’information des entreprises ne sont pas coordonnées, l’Accord reste hors de portée des opérateurs économiques. Or, dans plusieurs pays, les Comités nationaux sont inexistants, peu opérationnels ou insuffisamment outillés. Les rendre pleinement opérationnels est indispensable pour transformer les décisions continentales en opportunités commerciales concrètes » indique Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.
Le séminaire vise à apporter une réponse concrète à ces défis. Pendant quatre jours, les participants examineront l’état d’avancement de la mise en œuvre au niveau national, partageront leurs expériences et renforceront leurs capacités institutionnelles et techniques. Les travaux porteront notamment sur la gouvernance des Comités, le commerce des biens et des services, le commerce numérique, l’inclusion des femmes, des jeunes et des micros, petites et moyennes entreprises, l’engagement du secteur privé, les normes et l’infrastructure qualité, l’intelligence commerciale, le développement des chaînes de valeur ainsi que les mécanismes de suivi, d’évaluation et de reporting.
« Les expériences de l’Afrique de l’Est, de l’Ouest et de l’Afrique australe montrent que la mise en œuvre de la ZLECAf progresse lorsque les réformes réglementaires, les corridors logistiques, l’information commerciale et la mobilisation du secteur privé avancent de manière coordonnée. L’Afrique centrale dispose pourtant d’atouts majeurs : une position géographique stratégique, des ressources diversifiées et un potentiel élevé de chaînes de valeur transfrontalières. Pour transformer ce potentiel en échanges commerciaux effectifs, il faut rendre les Comités nationaux performants, fluidifier les corridors, harmoniser les procédures et accompagner les entreprises jusqu’à l’opération de commerce », explique Melaku Desta, Directeur par intérim de la Division de l’intégration régionale et du commerce de la CEA.
Les travaux devraient permettre un diagnostic régional plus précis des progrès accomplis et des défis persistants, de formuler des recommandations directement applicables, de définir un cadre d’opérationnalisation des Comités nationaux de mise en œuvre et de jeter les bases d’une communauté de pratique favorisant l’apprentissage entre pairs. Ils devraient également contribuer à renforcer la coordination, le suivi et le reporting entre les États membres, les organisations régionales et continentales et les partenaires au développement.
Il est important de souligner que cette rencontre s’inscrit dans la continuité de l’appui apporté par la CEA à la mise en œuvre de la ZLECAf en Afrique centrale. Elle constitue une nouvelle étape, depuis la sensibilisation et l’appui à l’élaboration des stratégies nationales jusqu’au développement d’outils pratiques, au dialogue régional et au renforcement des capacités.
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