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3èmes discussions sur le climat en Afrique

2e session: COVID-19, Changement climatique et développement en Afrique - attentes de la COP26
29 avril, 2021

Introduction

La pandémie de coronavirus (COVID-19) a fait des ravages dans les économies, les communautés et les écosystèmes du monde entier. Elle a été décrite comme une crise révélatrice, en ce sens qu’elle nous a permis de voir plus clairement les crises qui se déroulaient déjà avant la pandémie. L’une d’entre elles est la crise des changements climatiques, qui a provoqué des phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses (notamment des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur), des modifications des écosystèmes et une élévation du niveau des mers (laquelle a accentué l’acidification des océans), entre autres choses.

La vulnérabilité aux changements climatiques traduit des problèmes de développement plus larges, notamment la pauvreté, d’énormes lacunes en matière d’infrastructures dans divers secteurs (par exemple, l’énergie, l’eau, l’agriculture, les transports et les installations liées aux océans), un sous-développement institutionnel et d’immenses contraintes de capacité. La crise de COVID-19 est survenue à un tournant important de la crise climatique, d’où les appels pressants lancés par les citoyens, la société civile, le secteur privé et d’autres parties prenantes en faveur d’un monde meilleur dans l’après-COVID-19, plus résilient face à ces chocs.

Il faudra, dans l’après-COVID-19, faire le point sur les crises et les défis qui existaient auparavant et sur leurs liens avec la pandémie, trouver des solutions et construire un monde meilleur, plus équitable, résilient et durable. Les gouvernements du monde entier, mais surtout ceux des pays développés, ont investi plus de 12 000 milliards de dollars dans des plans de relance après la crise de COVID-19. Cependant, la plupart des pays n’intègrent pas suffisamment la résilience face aux changements climatiques et la durabilité des écosystèmes dans leurs plans de relance. En outre, les pays en développement - en particulier ceux qui sont les plus vulnérables aux changements climatiques, comme les PEID africains - font face à des problèmes de déficit budgétaire et de liquidités qui rendent difficile la mise en œuvre de plans de relance significatifs, tandis que les pays développés ne tiennent que très peu compte de ces pays vulnérables dans leurs plans de relance. S’y ajoute le fait que l’engagement pris par les pays développés lors de la quinzième session de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), tenue à Copenhague en 2009, à savoir fournir aux pays en développement 100 milliards de dollars par an de financement en faveur du climat, ne s’est jamais concrétisé.

La deuxième session de la troisième édition des Pourparlers est co-organisée en partenariat avec l’Université de Cabo Verde - visant à tirer les leçons clés de la pandémie de COVID-19 et à explorer des voies viables vers la construction d'une Afrique résiliente au changement climatique. Les webinaires sont basés sur un document d'information de l'ACPC sur «Le changement climatique et le développement en Afrique après le COVID-19: Quelques réflexions critiques» qui est disponible ici.

Les premières indications sont que Covid-19 est une maladie zoonotique causée par le virus corona qui passe de la faune à l'homme, peut-être par l'intermédiaire d'une espèce intermédiaire. Il existe des liens évidents entre la santé, l’environnement et l’économie. Les changements climatiques, l’extraction des ressources, l’expansion urbaine et agricole et la pollution ont entraîné la perte et la dégradation des écosystèmes et des habitats. La perte de biodiversité et les modifications des écosystèmes ont rapproché l’humanité de la faune sauvage, augmentant ainsi le risque de zoonoses, comme la maladie à coronavirus, qui, selon l’Organisation mondiale de la Santé, est passée de la faune sauvage à l’homme, probablement par l’intermédiaire d’une autre espèce. La recherche montre que l’émergence de nouvelles maladies humaines et la propagation de maladies qui existent depuis longtemps sont étroitement liées aux changements climatiques, comme c’est le cas pour le paludisme et les virus de la dengue et du zika, qui ont été liés à l’expansion de l’aire de répartition des moustiques qui en sont les vecteurs. De même, la mauvaise qualité de l’eau et de l’air est liée à d’autres maladies graves. Les problèmes de santé liés à l’impact des changements climatiques ne sont donc qu’un signe avant-coureur de ce qui nous attend si nous ne prenons pas à l’échelle mondiale des mesures concertées, urgentes et significatives contre les changements climatiques.

Objective

L’objectif de la deuxième session de la troisième édition des Pourparlers est d’explorer la convergence des crises de COVID-19 et du climat, et ce que cela signifie pour les communautés vulnérables et la gouvernance de l’action mondiale en faveur du climat pendant et après la pandémie. Plus précisément, la session réunira des participants issus du monde universitaire, de la société civile, du secteur privé, des institutions régionales et des partenaires de développement en Afrique afin de favoriser l’émergence d’un discours panafricain mettant un accent particulier sur les PEID africains, pour mieux répondre aux changements climatiques durant la pandémie de COVID-19 et au-delà. Elle se concentrera sur le renforcement de la résilience par le développement d’économies vertes et bleues, ainsi que sur la mise en place des moyens de mise en œuvre, en s’appuyant sur les capacités respectives de chaque pays et sur le principe ferme de responsabilités communes mais différenciées qui est inscrit dans la CCNUCC.

Principaux sujets de discussion

Pour que le discours et le dialogue sur les défis climatiques régionaux susmentionnés soient utiles, les délibérations seront organisées en séances axées sur les sujets clés suivants :

  • Traverser la triple tempête des changements climatiques, du COVID-19 et de la crise économique : perspectives régionales et mondiales.
  • D’abord, les changements climatiques. Aujourd’hui, le COVID-19. Le fossé Nord-Sud continue de se creuser. Quel avenir donc pour l’Afrique ? Qu’attendre de la vingt-sixième session de la Conférence des Parties à la Conférence-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP26) ?
  • De la vulnérabilité à la résilience grâce à l’économie verte/bleue. Que faudra-t-il faire ? Défis et possibilités pour l’Afrique, notamment pour les PEID et les économies côtières.

Cinq groupes de discussion, chacun abordant l’un des sujets énumérés ci-dessous, faciliteront la consolidation des messages clés issus de la deuxième session des Pourparlers le climat en Afrique (troisième édition) :

  • Que devrait faire l’Afrique pour tirer parti de la COP 26, et comment y parvenir ?
  • La voix et le rôle de l’Afrique dans la gouvernance climatique mondiale et le paysage géopolitique - les leçons du parcours de l’Afrique dans le processus de la CCNUCC pendant la pandémie de COVID-19 et au-delà.
  • Renforcer la résilience : des idées innovantes pour des solutions africaines aux défis du climat et de la relance en Afrique.
  • Un pour tous, et tous pour un. Qu’est-ce qui constitue la justice climatique et une reprise/transition juste pour l’Afrique ?
  • Exploiter l’économie verte/bleue pour les PEID et les économies côtières d’Afrique : défis et possibilités après la pandémie de COVID-19.

Résultats escomptés

  • Renforcement de la voix et du rôle de l’Afrique dans la gouvernance mondiale du climat et dans le paysage géopolitique qui en résulte à l’époque du COVID-19 et au-delà.
  • Meilleure compréhension de la façon de tirer parti des liens entre les changements climatiques, la pandémie de COVID-19 et la crise économique qui en résulte, afin de construire un avenir vert et résilient pour l’Afrique après la pandémie.
  • Renforcement des stratégies régionales et des cadres mondiaux pour une transition juste vers des économies résilientes et la réalisation des objectifs de l’Accord de Paris.

Public cible

Le public cible des Pourparlers comprend principalement des acteurs non étatiques africains (société civile, universités, secteur privé, jeunes et autres groupes marginalisés) dans le cadre de la CCNUCC, ainsi que des responsables politiques, des institutions régionales et sous-régionales et des partenaires de développement.

Lieu et date

La deuxième session des Pourparlers (troisième édition) sera une réunion en ligne organisée par la CEA en collaboration avec l’Université de Cabo Verde. Elle aura lieu les 17 et 18 mai 2021.