Oct 20, 2026
La CEEAC valide le Cadre régional de gouvernance des données pour renforcer l’intégration numérique en Afrique centrale
ECCAS Validates Regional Data Governance Framework to Advance Digital Integration in Central Africa

Brazzaville, République du Congo, le 20 octobre 2026 – Le Cadre régional de gouvernance des données de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a été validé lors d’un atelier qui s’est tenu les 19 et 20 octobre 2026 à Brazzaville. Organisé par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), en collaboration avec la CEEAC, cet atelier a marqué une étape importante vers une gouvernance des données et une intégration numérique renforcées en Afrique centrale.

L’atelier a réuni 30 représentants des États membres de la CEEAC ainsi que des partenaires techniques et de développement afin d’examiner et de valider ledit Cadre, qui vise à renforcer la gouvernance des données, à permettre des flux de données transfrontaliers sécurisés et à promouvoir l’intégration numérique régionale.

Cette validation fait suite à des évaluations régionales, des discussions techniques et des consultations des parties prenantes, notamment l’Atelier régional de mobilisation des parties prenantes qui s’est tenu à Douala, au Cameroun, du 31 août au 4 septembre 2026. L’atelier de Brazzaville a examiné le cadre proposé ; et les participants se sont accordés sur des priorités communes et ont renforcé leur coopération en matière de gouvernance des données.

Le Cadre aborde la question de la fragmentation des systèmes nationaux de gouvernance des données, de l’interopérabilité limitée, des divergences réglementaires et des obstacles à la sécurisation du partage transfrontalier des données. Il vise à harmoniser les approches régionales afin de soutenir la souveraineté numérique, l’innovation, le développement économique et l’intégration.

Le Cadre s’articule autour de six piliers stratégiques, à savoir le cadre juridique et réglementaire, la gouvernance institutionnelle, les infrastructures communes et les normes d’interopérabilité, les flux transfrontaliers de données, le financement, la coopération et le renforcement des capacités et enfin la valeur économique des données et l’entrepreneuriat numérique des jeunes. Le Cadre définit des initiatives régionales concrètes – échange sécurisé d’informations entre institutions publiques, services publics numériques et certificats d’origine numérisés – pour faciliter le commerce et l’intégration économique entre les États membres de la CEEAC.

Le Directeur des postes, des télécommunications et de l’économie numérique à la CEEAC, M. Guichard Tsangou, a souligné l’importance de la coopération régionale et les progrès accomplis depuis les consultations de Douala. « L’atelier de Douala a donné l’impulsion et la méthodologie ; l’atelier de Brazzaville doit déboucher sur un consensus et une finalisation technique », a déclaré M. Tsangou. Il a ajouté que le Cadre aiderait les États membres à passer d’approches nationales fragmentées à des règles communes, à des échanges de données sécurisés et à un marché numérique régional plus intégré.

Représentant la CEA, Mactar Seck a appelé à des actions concrètes pour apporter des avantages tangibles aux populations d’Afrique centrale. « La validation de ce Cadre régional ne marque pas la fin d’un processus, mais le début d’une nouvelle phase. Elle nous engage à traduire notre vision commune en institutions opérationnelles, en échanges de données sécurisés, en investissements stratégiques et en opportunités concrètes pour les populations d’Afrique centrale », a déclaré M. Seck. Il a souligné que la mise en œuvre nécessiterait des responsabilités institutionnelles claires, une forte appropriation nationale, un financement durable et des mécanismes de suivi et d’évaluation.

La Chef de la numérisation à l’AUDA-NEPAD, Mme Christelle Onana, a insisté sur le fait que le Cadre devait être aligné sur le Cadre de politique des données de l’Union africaine et refléter la situation institutionnelle, réglementaire et opérationnelle des États membres. « Cette réunion est l’occasion d’un engagement collectif en faveur de la responsabilité. Elle invite chaque délégation à considérer ce document non pas comme un simple recueil de dispositions techniques, mais comme un accord régional stratégique visant à renforcer la confiance, la souveraineté numérique, l’innovation et l’intégration en Afrique centrale », a déclaré Mme Onana.

M. Olaf Handloegten, représentant la Coopération allemande au développement (GIZ), a plaidé pour une protection renforcée des données, des politiques de gouvernance harmonisées et des flux de données transfrontaliers fiables. « Pour la GIZ et l’Allemagne, la validation du Cadre régional de gouvernance des données de la CEEAC constitue une étape importante pour aider la CEEAC à protéger la vie privée des citoyens tout en promouvant l’harmonisation des données et leur libre circulation au sein de la sous-région », a déclaré M. Handloegten. Il a réaffirmé l’engagement de la GIZ à aider la CEEAC et ses États membres à développer une économie des données inclusive, sûre et durable.

Une feuille de route en trois phases prévoit la mise en œuvre sur 36 mois, à savoir la mise en place des fondements institutionnels et réglementaires au cours des six premiers mois, l’opérationnalisation des mécanismes régionaux du sixième au vingt-quatrième mois et la consolidation des acquis du vingt-quatrième au trente-sixième mois.

Les participants ont examiné le cadre et la feuille de route, en mettant l’accent sur la coordination institutionnelle, l’harmonisation réglementaire, l’interopérabilité, les échanges transfrontaliers sécurisés de données, le renforcement des capacités et l’innovation fondée sur les données.

La validation du Cadre régional de gouvernance des données de la CEEAC constitue une étape importante vers un écosystème de données régional sécurisé, fiable et interopérable. Sa mise en œuvre renforcera la coopération, facilitera les flux transfrontaliers de données, encouragera l’entrepreneuriat numérique et créera des opportunités de développement économique inclusif et durable en Afrique centrale.

En conclusion, en tant que représentant de la Guinée équatoriale, qui assure actuellement la présidence tournante de la CEEAC, M. Celedonio Nguema Angono, Directeur général des télécommunications, a réaffirmé l’importance de faire progresser la gouvernance des données au niveau régional et de tirer parti de l’expérience unique de chaque pays dans la mise en œuvre de ce nouveau cadre régional de gouvernance des données.

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