Vous êtes ici

Le futur Rapport économique appelle à une croissance tirée par l’innovation pour accélérer la transformation structurelle

9 mars, 2026
Harnessing data and frontier technologies for Africa’s economic transformation:  forthcoming economic report calls for innovation-driven growth to accelerate structural transformation

Addis-Abeba, le 9 mars 2026 (CEA) – La Commission économique pour l’Afrique (CEA) publiera prochainement son rapport phare, le Rapport économique sur l’Afrique 2026 (ERA 2026), intitulé « Croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique ». Ce rapport souligne que si l’Afrique a enregistré une croissance économique soutenue ces dernières années, cette progression a été largement alimentée par l’accumulation de facteurs de production, de capital et de main-d’œuvre, plutôt que par des gains de productivité durables. De ce fait, la transformation structurelle du continent a été lente, avec une réaffectation limitée de la main-d’œuvre et des investissements vers des secteurs à plus forte productivité tels que l’industrie manufacturière et les services modernes.

S’interrogeant sur le Rapport, le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, affirme que l’adoption stratégique des données et des technologies de pointe, telles que l’Intelligence artificielle, l’apprentissage automatique, les solutions d’énergies renouvelables et la robotique avancée, offre aux économies africaines une occasion cruciale de s’affranchir des schémas de développement traditionnels.

« Lorsqu’elles sont efficacement encadrées et intégrées, ces technologies peuvent accroître la productivité, stimuler la modernisation industrielle, créer des emplois et promouvoir une croissance inclusive et durable, conforme aux objectifs de l’Agenda 2063 et des objectifs de développement durable ».

Le Rapport prévoit que la croissance africaine se renforcera en 2026, atteignant 4,3 %, grâce à l’augmentation des investissements dans les infrastructures, à la stabilisation des prix des matières premières et à la croissance du commerce intra-africain. Cependant, des défis persistants, tels que le poids élevé du service de la dette, les marges de manœuvre budgétaires limitées et les inégalités croissantes, continuent de freiner les progrès.

« Ce travail souligne que l’exploitation des technologies de pointe est désormais essentielle pour combler l’écart de productivité existant sur le continent, renforcer sa résilience face aux pressions climatiques et démographiques et favoriser une prospérité inclusive », déclare M. Gatete.

Les auteurs soulignent que l’impact économique des technologies de pointe dépend de politiques complémentaires qui développent les compétences, les capacités industrielles, la recherche et le développement, et facilitent l’accès au financement. Ces facteurs déterminent si les avancées technologiques peuvent être assimilées, adaptées et généralisées dans tous les secteurs. Le développement des compétences apparaît comme un levier décisif de réussite, au même titre que les outils de financement axés sur l’innovation, tels que les obligations d’innovation, les financements mixtes et les lignes de crédit régionales, afin d’orienter les ressources vers les secteurs à forte productivité.

Le rapport souligne également que les données – décrites comme le nouvel or noir de l’économie numérique – constituent un atout économique majeur, capable de générer des revenus, de stimuler l’entrepreneuriat, d’améliorer la gouvernance et d’alimenter les technologies de pointe. En renforçant l’ensemble de la chaîne de valeur des données – de leur production et stockage à leur traitement et utilisation –, les pays africains peuvent développer de nouveaux secteurs, consolider leur souveraineté numérique et se positionner avantageusement sur le marché mondial des technologies de pointe, en pleine expansion et dont la valeur devrait atteindre 16 400 milliards de dollars des États-Unis d’ici 2033.

L’édition 2026 identifie le secteur manufacturier comme le pilier de la transformation structurelle de l’Afrique, grâce à des pôles de production s’appuyant sur la technologie, des systèmes logistiques intelligents et l’intégration numérique via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). De même, les applications de pointe dans l’agriculture, les transports, l’énergie et les services transforment déjà les moyens de subsistance, démontrant ainsi comment les technologies de pointe peuvent renforcer la productivité, susciter l’industrialisation verte et accélérer la transition énergétique.

Cependant, le Rapport met également en garde contre des risques critiques, notamment les déplacements de main-d’œuvre, les inégalités entre les sexes et la fracture numérique, les menaces en matière de cybersécurité et la dépendance aux données. Il appelle à des cadres de gouvernance plus solides afin de garantir un partage équitable des bénéfices de la technologie et de l’innovation, tout en préservant les intérêts nationaux.

Afin de maximiser le potentiel transformateur des données et des technologies de pointe, le Rapport 2026 recommande aux pays africains de renforcer leur gouvernance et leurs capacités institutionnelles ; d’investir dans la recherche, le développement et les écosystèmes d’innovation ; d’élaborer des feuilles de route politiques dynamiques ; de promouvoir le développement du capital humain, en particulier pour les jeunes et les femmes ; et d’approfondir les partenariats public-privé et la coopération régionale. Combler les déficits en matière d’infrastructures – notamment dans les domaines de l’énergie, du haut débit, des centres de données et des transports – et réformer l’environnement financier international afin de réduire les risques liés aux investissements dans l’innovation demeurent essentiels.

Avec ses vastes réserves de minéraux critiques, ses abondantes ressources renouvelables et sa population jeune, l’Afrique possède tous les atouts pour devenir un acteur clé de la révolution technologique mondiale. Le Rapport économique sur l’Afrique 2026 (ERA 2026) conclut qu’en misant sur l’innovation, en renforçant ses capacités de production et en intégrant les technologies de pointe aux chaînes de valeur régionales, le continent peut parvenir à une transformation économique résiliente, inclusive et durable.

Le Rapport économique sur l’Afrique 2026 sera officiellement lancé lors de la Conférence des ministres de la CEA en mars 2026, à Tanger, au Maroc, et sera accompagné d’un dialogue politique de haut niveau avec des ministres africains, des décideurs politiques, des dirigeants du secteur privé et des partenaires au développement. Ce Rapport propose un cadre fondé sur des données probantes permettant aux pays africains de tirer pleinement parti des gains de productivité liés à la technologie et à l’innovation et de concrétiser les aspirations de « l’Afrique que nous voulons ».

[Arabic version]

Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
Tél : +251 11 551 5826