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La jeunesse africaine à l’honneur lors de la première journée du Forum africain inaugural de l’impact des politiques publiques sur le développement

11 June, 2026

De l’Architecture financière à l’Intelligence artificielle, en passant par l’entrepreneuriat et le commerce, une journée placée sous le signe des idées novatrices, des échanges francs et de la compétition entre neuf innovateurs pour résoudre la crise de l’emploi en Afrique

Addis-Abeba, le 11 juin 2026 - Le Forum africain inaugural de l’impact des politiques publiques sur le développement (ADIF) a clôturé sa première journée à Addis-Abeba ce jeudi, avec un programme riche en dialogues de haut niveau, en politiques d’innovation et en débats axés sur la jeunesse. Des centaines de chercheurs, d’entrepreneurs, de décideurs politiques et de jeunes Africains se sont réunis au Centre de conférences des Nations Unies pour faire passer le continent de la parole aux actes en matière de création d’emplois.

Structurée autour de cinq sessions thématiques, d’un dialogue inédit avec les jeunes sur la finance mondiale et d’un hackathon interactif sur les politiques publiques, cette première journée a clairement démontré que le défi de l’Afrique ne réside pas dans un manque d’idées, mais dans un manque de systèmes, de financements et de volonté politique pour les mettre en œuvre à grande échelle.

Face à l’Architecture financière mondiale

La matinée a débuté par un dialogue franc et étayé par des données sur l’Architecture financière mondiale, une session qui a donné le ton à l’urgence et à la mobilisation pour le reste de la journée

La Secrétaire exécutive adjointe et Économiste en chef de la CEA, Hanan Morsy, a présenté aux membres du Réseau des jeunes économistes, issus des universités du Bénin, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la République démocratique du Congo, d’Éthiopie, du Kenya, du Sénégal et de la Tunisie, les réalités structurelles qui freinent le développement du continent.

Les chiffres étaient sans équivoque. L’Afrique fait face à un déficit de financement de près de 1 300 milliards de dollars des États-Unis pour atteindre les objectifs de développement durable. Plus de 25 pays africains sont en situation de surendettement ou à haut risque. En 2025, les gouvernements africains ont remboursé plus de 100 milliards de dollars des États-Unis de leur dette publique, soit plus que ce que beaucoup ont investi dans des secteurs sociaux essentiels. Et l’Afrique ne reçoit que 3,6 % du financement mondial pour la lutte contre la dégradation de la situation climatique, alors qu’elle contribue à moins de 4 % des émissions mondiales.

Mais le dialogue a délibérément dépassé le simple constat. Mme Morsy a présenté quatre priorités de réforme : un système d’endettement au service du développement, des coûts du capital plus bas, un financement climatique bénéfique à l’Afrique et une mobilisation accrue des ressources nationales. Elle a exhorté les jeunes Africains à s’approprier ce programme à tous les niveaux.

« Vous n’êtes pas de simples acteurs de l’avenir de l’Afrique. Vous en êtes les artisans », a-t-elle déclaré aux participants.

Le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a ouvert le Forum par une analyse lucide de la situation de l’Afrique et des prochaines étapes pour le continent.

« Si le plus grand défi de l'Afrique est l’emploi, c’est aussi sa plus grande opportunité. Nous avons déjà les idées, les talents, les ressources, un secteur privé dynamique et le marché nécessaire pour transformer nos économies. Ce dont nous avons besoin maintenant, c’est de passer à l’action », a affirmé M. Gatete.

Il a ensuite clôturé la session de dialogue avec les jeunes en lançant un appel direct à l’assemblée. Fort de son expérience d’ancien ministre des finances, il a souligné que les idées les plus pertinentes viennent souvent non pas des ministres et des hauts fonctionnaires, mais des jeunes, ceux qui subiront le plus longtemps les conséquences des décisions prises. « Vous impliquer ne suffit pas. Nous devons vous donner les moyens d’agir. Vous apportez des idées pertinentes lorsque vous êtes bien informés. Et nous sommes prêts à vous accompagner dans cette démarche ».

Neuf innovateurs. Six juges. Une question.

Le hackathon de la matinée, consacré aux politiques et stratégies, intitulé « Hack the Job Challenge », a mis en lumière l’esprit de compétition qui règne au Forum. Neuf innovateurs originaires du Rwanda, d’Éthiopie, du Ghana, du Cameroun, du Burkina Faso, du Kenya, d’Afrique du Sud, du Togo et de la République démocratique du Congo disposaient chacun de cinq minutes pour présenter une solution évolutive de création d’emplois à un jury composé de six experts de la CEA, du PNUD, de l’OIT, de l’UNESCO, de PEMANDU Associates et d’ONU Femmes.

Les présentations allaient d’une plateforme panafricaine pour l’emploi des jeunes, mettant en relation les compétences, les PME et les investisseurs autour de quatre axes, à une initiative de développement de la main-d’œuvre dans le secteur solaire, formant des jeunes et des femmes à la construction de micro-réseaux d’énergie propre dans des communautés non raccordées au réseau électrique. D’autres candidats ont présenté des modèles d’écosystèmes agro-industriels, une plateforme de certification visant à briser le cercle vicieux « pas d’emploi, pas d’expérience » qui laisse 60 % des 300 000 diplômés ghanéens annuels sans emploi, et un cadre de transformation productive décentralisé pour la RDC.

Un thème commun à toutes les présentations : le problème n’est pas le manque de solutions en Afrique, mais le retard des systèmes de financement, de réglementation, d’accès aux marchés et de politiques publiques.

Le lauréat sera annoncé le deuxième jour.

Entrepreneuriat, IA et commerce : trois sessions l’après-midi

Trois sessions thématiques ont rythmé l'après-midi.

La session sur l’entrepreneuriat des jeunes a remis en question la conception de l’entrepreneuriat : doit-il être perçu comme un simple substitut à l’emploi ou comme un concept plus large, un ensemble de compétences transférables et un levier systémique d’inclusion et de résilience ? Les intervenants et le public ont critiqué les programmes qui ne ciblent que les fondateurs déjà visibles et bien connectés, plaidant pour une inclusion délibérée des entrepreneurs du secteur informel, des femmes et des innovateurs ruraux. Le consensus : l’impact ne se mesure pas au nombre de startups créées, mais à l’identité des personnes incluses, à la pérennité de ces entreprises et à leur capacité à se développer.

La session sur l’Intelligence artificielle et l’emploi a examiné l’une des questions les plus controversées du débat sur le développement en Afrique. Alors que l’IA devrait générer plus de 100 milliards de dollars des États-Unis de valeur économique dans plus de 20 secteurs, tout en menaçant la productivité de 16,7 millions d’emplois, les intervenants ont débattu de la question de savoir si la jeunesse africaine constitue un atout ou une vulnérabilité structurelle dans la transition vers l’IA. Le consensus qui se dégage : l’adoption de l’IA dans l’économie africaine, largement informelle, doit être adaptée au contexte, et les jeunes ne doivent pas être considérés comme de simples victimes passives des bouleversements, mais comme des formateurs potentiels en IA, des annotateurs de données et des spécialistes de la réactivité, à condition que l’accès et les environnements favorables suivent le rythme.

La session consacrée aux chaînes de valeur régionales dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) a permis à de jeunes entrepreneurs de s’exprimer directement sur les enjeux du commerce transfrontalier. Des fondateurs originaires du Zimbabwe, d’Afrique du Sud, du Rwanda et d’Éthiopie ont partagé leurs expériences concrètes face aux retards logistiques, à la volatilité des devises, à l’inaccessibilité des financements commerciaux et à la fragmentation des mécanismes de règlement des différends. Ils ont également présenté les innovations qu’ils ont mises en œuvre pour contourner ces obstacles, plutôt que d’attendre qu’ils se résolvent d’eux-mêmes. Cette session a confirmé une évidence : les jeunes ne sont pas de simples bénéficiaires de la ZLECAf. Ils en sont les moteurs d’innovation les plus dynamiques.

La journée s’est conclue par une intervention sur l’impact de la traduction du Pacte pour l’avenir des Nations Unies dans un langage et des formats accessibles à la génération la plus cruciale pour sa mise en œuvre. Le message principal était clair : il s’agit désormais de passer d’une simple implication des jeunes à un véritable co-leadership avec eux.

Publié par :
Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
B.P. 3001
Addis-Abeba
Éthiopie
Tél : +251 11 551 5826
Email : eca-info@un.org

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