Aller au contenu principal

User account menu

  • Site de la CEA
  • Archived Events
  • Se connecter
  • English
  • Français
Accueil
Events

Navigation principale

  • Accueil
  • Liste des évènements
  • vidéos
  • Albums

Fil d'Ariane

  1. Accueil
  2. Stories
  3. Les dirigeants africains défendent des ambassades de données souveraines pour renforcer la sécurité économique et l’intégration continentale

Les dirigeants africains défendent des ambassades de données souveraines pour renforcer la sécurité économique et l’intégration continentale

3 avril, 2026

Tanger, le 3 avril 2026 (CEA) – Lors de la cinquante-huitième Session de la Conférence des ministres de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), des décideurs politiques de haut niveau et des leaders technologiques mondiaux et continentaux ont annoncé un tournant décisif dans la trajectoire de l’infrastructure publique numérique (IPN) du continent. Passant d’une simple consommation de technologies à la conception des IPN et des solutions de données souveraines, les participants à la table ronde intitulée « Donner à l’Afrique les moyens de construire son avenir : développer l’infrastructure publique numérique, les centres de données et la souveraineté » ont convenu que l’indépendance numérique est désormais une condition essentielle à la sécurité économique et à la résilience nationale.

Tout en réaffirmant le rôle fondamental de l’IPN dans la transformation numérique de l’Afrique, les intervenants ont souligné que le continent doit désormais aller au-delà des infrastructures pour se concentrer sur la « locomotive », l’intelligence. Alors que l’Afrique entre dans une ère axée sur le renseignement, il est impératif de développer les talents locaux en matière de traitement des données, d’informatique et de formation aux modèles d’IA afin de garantir que les solutions d’IA répondent aux besoins régionaux.

Soulignant l’urgence de cette transition, le Ministre des communications et de la transformation numérique de la République du Mozambique, Américo Muchanga, a fait remarquer que l’infrastructure de protection des données (IPD) est devenue aussi essentielle à la vie moderne que l’électricité. Il a insisté sur le fait que les nations doivent désormais avoir la vision stratégique nécessaire pour classifier leurs données et décider quels actifs restent sur le site ou dans des « clouds » souverains, afin de garantir que les données africaines restent sous contrôle africain.

Ce point de vue a été partagé par le Ministre adjoint du Cabinet du Président pour la planification et l’investissement de Tanzanie, Pius Stephen Chaya, qui a souligné que, pour que cette infrastructure ait un impact significatif, une approche de Partenariat public-privé globale et collaborative est indispensable. Cette approche doit s’appuyer sur des lois robustes en matière de cybersécurité et de protection des données personnelles afin de préserver la souveraineté nationale.

Ce passage à l’autonomie doit s’accompagner d’une nouvelle ère de « mise en œuvre à grande échelle », permettant de passer de la conception des politiques à leur déploiement concret. Au Botswana, le gouvernement utilise son Fonds d’accès universel et de services, alimenté par une taxe de 1 % prélevée sur les opérateurs de téléphonie mobile, pour connecter les écoles et les villages les plus reculés. Le Vice-Président et Ministre des finances de la République du Botswana, Ndaba Gaolathe, a souligné que si le continent a toujours excellé en matière de planification politique, sa mise en œuvre a souvent échoué. Il a affirmé qu’il est désormais impératif de donner la priorité à l’exécution en éliminant tous les obstacles législatifs afin de garantir que les projets technologiques apportent des avantages concrets aux citoyens.

Un thème central des discussions a porté sur la nécessité d’un environnement dédié à l’IA. Le PDG d’Africa Data Centres (Cassava Technologies), M. Adil el Youssefi, a insisté sur l’urgence de créer des « usines à IA » pour héberger et traiter localement les données africaines. Il a noté que le continent doit décupler la capacité de ses centres de données pour combler le retard actuel : l’Afrique génère moins de 1 % des données mondiales alors qu’elle représente près de 20 % de la population mondiale. Ces usines à IA, alimentées par une énergie fiable et abordable, sont essentielles à la construction de l’infrastructure de renseignement africaine.

Afin de réduire les risques liés à ces investissements de grande envergure et de garantir des rendements durables, il a été demandé aux gouvernements de jouer le rôle de clients clés pour stimuler la demande, tout en accélérant la numérisation des services publics pour générer des données de haute qualité et adaptées aux besoins. L’importance de développer des technologies « clouds » souverains nationaux et de promouvoir l’intégration régionale grâce à des modèles innovants tels que les « ambassades de données » a également été soulignée. Ces modèles permettent aux pays de mutualiser la demande et les ressources, tout en garantissant que la valeur économique des données africaines reste sur le continent.

L’Ambassadeur Philip Thigo, Envoyé spécial pour la technologie de la République du Kenya, a déclaré que l’ère du mimétisme dans la politique technologique africaine est révolue. Il a insisté sur le fait que « l’Afrique doit privilégier le traitement local des données et des systèmes auditables qui reflètent les langues locales et les réalités du continent ». Ainsi, le continent pourra s’affranchir de l’exploitation des données étrangères et des modèles profondément ancrés dans les contextes socio-économiques africains. Il a souligné que le monde est entré dans une « ère de l’intelligence », exigeant le développement d’une intelligence publique numérique s’appuyant sur des modèles d’IA en langues locales. Du point de vue de l’inclusion, la discussion a porté sur la persistance du fossé numérique, soulignant que près d’un milliard d’Africains restent hors ligne malgré la couverture réseau mobile. Représentant le secteur, Mme Angela Wamola de la GSMA a plaidé pour la suppression urgente des droits de douane sur les appareils mobiles et les smartphones d’entrée de gamme afin de garantir un accès inclusif à l’économie numérique.

Le Secrétaire exécutif de la CEA, M. Claver Gatete, a souligné la nécessité de mesurer l’impact économique de la transformation numérique, précisant que sans mesure de l’impact des technologies sur le PIB, il est impossible de le monétiser. Afin de garantir cette transition numérique souveraine vers la sécurité économique, le dialogue a mis en évidence l’impérieuse nécessité de renforcer les systèmes statistiques nationaux. Il a été affirmé que des instituts de statistique dotés de ressources suffisantes sont indispensables pour mesurer l’impact réel des technologies sur le PIB, éclairer les politiques publiques et garantir la responsabilité nationale.

La session s’est conclue par un appel à traduire la Stratégie de l’Union africaine en matière d’IA en cadres locaux opérationnels prévoyant un financement dédié à la gouvernance des données. Cet investissement est essentiel pour atténuer le coût réel de la dépendance numérique et garantir que les données et l’IA soient utilisées non seulement comme des technologies, mais aussi comme les principaux moteurs de la productivité continentale souveraine.

Publié par :
La Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
BP 3001 
Addis-Abeba (Éthiopie) 
Tél. +251 11 551 5826 
Adresse électronique : eca-info@un.org

Derniers articles

3 avril, 2026
Les dirigeants africains défendent des ambassades de données souveraines pour renforcer la sécurité économique…
Lire la suite
2 avril, 2026
L’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’Afrique
Lire la suite
2 avril, 2026
Les institutions financières africaines appellent à des solutions de financement coordonnées pour accélérer la…
Lire la suite
2 avril, 2026
Allocution prononcée par M. Claver Gatete - Cinquante-huitième session de la Conférence des ministres africain…
Lire la suite
Plus Articles
If you have any questions please contact ICTSS Service Desk: eca-servicedesk@un.org
+251 11-5443-123 (33123) | +251 91-1223-034 | Monday - Friday 8.00 8.00 AM - 4.00 PM
© Copyright UNECA, 2022