Libreville, 09 septembre 2026 (CEA) – Alors que l’entrée en vigueur de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) ouvre de nouvelles perspectives pour le commerce intra-africain, les investissements et l’intégration des chaînes de valeur régionales, la capacité des États à transformer ces opportunités en gains économiques tangibles dépend largement de la qualité de leurs stratégies nationales de mise en œuvre. Pour le Gabon, l’enjeu est de faire de la ZLECAf un levier de développement des capacités productives et commerciales, de diversification économique, d’industrialisation inclusive et de création d’emplois dans un contexte marqué par la volonté de renforcer la compétitivité du secteur privé et d’accroître la valeur ajoutée locale.
Afin de franchir une nouvelle étape dans ce processus, le Gouvernement gabonais, à travers le Ministère en charge du Commerce, avec l’appui technique de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), réunit à Libreville les 10 et 11 septembre 2026 les principales parties prenantes nationales dans le cadre de l’atelier national de validation de la Stratégie nationale révisée de mise en œuvre de la ZLECAf. La rencontre rassemble près de 60 participants issus des administrations publiques, des institutions techniques, du secteur privé, des organisations professionnelles, des universités et centres de recherche, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers. Elle vise à examiner, enrichir et valider le document stratégique élaboré à l’issue d’un vaste processus de consultations nationales coordonné par le Ministère du Commerce, avec l’appui technique de la CEA, qui a accompagné les travaux d’analyse, de révision et de mise à jour de la stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf.
Le défi est à la fois économique et institutionnel. Si la ZLECAf offre de nouvelles opportunités d’accès à un marché continental de plus d’un milliard de consommateurs, leur concrétisation exige une amélioration durable de l’environnement des affaires, du niveau de compétitivité des entreprises, des infrastructures de soutien au commerce et des mécanismes de gouvernance des politiques commerciales. Elle nécessite également l’identification de secteurs prioritaires capables de générer davantage de valeur ajoutée et de permettre au pays de mieux s’intégrer dans les chaînes de valeur africaines.
« La réactualisation de la Stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf traduit la volonté du Gouvernement gabonais de faire du commerce un levier de diversification économique, de création de valeur ajoutée locale et d’emplois. Elle s’inscrit dans les orientations du Plan National de Croissance et de Développement et vise à permettre au Gabon de tirer pleinement parti des opportunités offertes par le marché continental africain, tout en renforçant la résilience et la compétitivité de son économie », indique Zenaba Gninga Chaning, Ministre du Commerce, des PME-PMI et de l’Entrepreneuriat des Jeunes.
Durant deux jours, les participants examineront les résultats consolidés des consultations nationales et les recommandations formulées par les différents groupes de travail stratégiques. Les discussions porteront notamment sur les orientations de la nouvelle stratégie, les chaînes de valeur prioritaires, les secteurs et marchés stratégiques, les réformes en faveur de la compétitivité et de l’environnement des affaires, les infrastructures de soutien au commerce et à la logistique, ainsi que les mécanismes institutionnels nécessaires à une mise en œuvre efficace.
Les travaux permettront également de finaliser le plan d’actions prioritaire, de valider le dispositif de suivi-évaluation et d’identifier les projets structurants devant soutenir l’intégration du Gabon dans le marché continental africain.
« La réussite de la ZLECAf dépend de la capacité des pays à articuler les réformes commerciales avec les politiques industrielles, les infrastructures de soutien et les besoins du secteur privé. Le Gabon dispose d’atouts importants, notamment ses ressources naturelles, son potentiel industriel et sa position stratégique en Afrique centrale. La validation de cette stratégie constitue une étape essentielle pour transformer ces atouts en opportunités concrètes d’investissement, de production et d’exportation », explique Adama Ekberg Coulibaly, Chef de la Section des initiatives sous-régionales au Bureau sous-régional de la CEA pour l’Afrique centrale.
Au terme de l’atelier, les parties prenantes devraient valider les principales orientations de la nouvelle Stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf, confirmer les chaînes de valeur prioritaires et les marchés cibles, approuver les priorités d’investissement en matière d’infrastructures commerciales et logistiques, ainsi que les projets prioritaires de mise en œuvre et leurs mécanismes de financement. Elles devraient également valider le cadre institutionnel de gouvernance, de coordination, de suivi-évaluation et de gestion des risques associé à la stratégie.
Les conclusions de l’atelier devraient enfin permettre l’adoption d’une feuille de route consensuelle pour la finalisation et la domestication de la stratégie nationale révisée de mise en œuvre de la ZLECAf, tout en consolidant la mobilisation des parties prenantes publiques et privées en faveur de son exécution.
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