Addis-Abeba, le 19 février 2026 (CEA) – Le Forum des entreprises africaines 2026 s’est conclu ce mardi, à Addis-Abeba par un appel pressant à des investissements à long terme, tolérants au risque, afin de libérer le potentiel d’innovation de l’Afrique et de stimuler une croissance inclusive et créatrice d’emplois sur l’ensemble du continent. Le Forum, organisé par la Commission économique pour l’Afrique en marge du Sommet de l’Union africaine, a lancé un outil de suivi, le « Mur des engagements » en matière d’emploi afin de recenser, de présenter et de suivre les engagements des secteurs public et privé relatifs à l’emploi.
Le Forum, organisé sur le thème « Financer l’avenir de l’Afrique : emplois et innovation pour la transformation durable » a réuni des chefs d’État, des dirigeants d’entreprises et des acteurs des secteurs créatifs, des décideurs politiques et des bailleurs de fonds du développement afin de tracer de nouvelles voies pour une industrialisation durable et une intégration réussie aux marchés.
Les participants ont convenu que la forte croissance démographique de l’Afrique représente une opportunité économique stratégique qui exige des investissements décisifs dans la recherche, l’innovation et les écosystèmes entrepreneuriaux, ancrés dans des capitaux tolérants au risque et axés sur la croissance plutôt que dans l’aide.
Le Forum a souligné que la transformation structurelle doit être impulsée par une chaîne de valeur régionale intégrée et la pleine réalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cela implique une harmonisation des réglementations, une baisse des coûts du capital et la croissance des entreprises transfrontalières afin de favoriser la création d’emplois durables.
Les dirigeants des secteurs public et privé ont également appelé à une réorientation du financement du développement vers des modèles d’investissement écosystémiques reliant les infrastructures, les chaînes de valeur industrielles, les marchés numériques et les systèmes d’énergie verte à des résultats durables en matière d’emploi. Ils ont réaffirmé que la participation économique des femmes doit être institutionnalisée comme un pilier central de cette transformation, et non considérée comme un élément accessoire.
Le Président éthiopien, Taye Atske Selassie, a mis en avant l’expérience de son pays en matière de création d’emplois pour les jeunes grâce aux start-ups et à l’innovation, insistant sur la nécessité d’agir pour la transformation de l’agriculture, les start-ups dirigées par des jeunes et des femmes, et d’accélérer l’intégration de la ZLECAf afin de promouvoir le développement durable. Il a souligné que la transformation de l’Afrique n’est ni une idée abstraite ni une ambition lointaine ; elle doit se traduire concrètement par des usines qui embauchent, des exploitations agricoles qui créent de la valeur ajoutée, des plateformes numériques qui atteignent les marchés et des industries créatives qui transforment les jeunes talents en capital humain.
Le Vice-Premier ministre somalien, Salah Ahmed Jama, a mis en lumière les efforts de transformation multidimensionnels faits par son pays, notamment un système national d’identification, des politiques globales liées à l’éducation et à la politique industrielle, et la nécessité de répondre aux exigences du marché pour créer des emplois dans les filières de l’élevage et de la pêche, qui contribuent à hauteur de 7 % à l’économie nationale. Ces efforts sont, a-t-il précisé, soutenus par une politique de désarmement.
Le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a fait remarquer que la concentration et la sélectivité accrues des capitaux mondiaux garantissent la portée, la sécurité et l’avenir des marchés. « La question n’est pas de savoir si le capital existe », a-t-il insisté. « La véritable question est : où émergeront les prochains moteurs de la croissance mondiale » ?
Il a fait valoir qu’avec la population active la plus jeune du monde, une urbanisation accélérée, une adoption numérique rapide et des marchés de consommation en expansion, le continent africain connaît déjà une transformation structurelle ancrée dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui crée un marché unique de plus de 1,5 milliard de personnes. De plus, la transformation du cacao menée par les jeunes en Côte d’Ivoire, une chaîne de valeur automobile intégrée au Maroc et l’écosystème de paiements numériques en pleine expansion en Éthiopie témoignent du fait que l’Afrique commence à exporter de la valeur ajoutée, et non plus seulement des matières premières.
Recommandations clés :
-
Repenser le discours sur le risque en Afrique et débloquer des capitaux à long terme abordables en mobilisant les ressources nationales et en lançant des mécanismes de réduction des risques pour attirer les investissements dans les PME et les secteurs productifs.
-
Ancrer le financement sur la valeur ajoutée et la transformation industrielle, en utilisant des cadres de partenariat public-privé standardisés pour réduire les coûts du capital et attirer des investisseurs de grande envergure.
-
Réorienter le financement du développement vers une transformation fondée sur les écosystèmes, en intégrant les chaînes de valeur, les marchés numériques et les zones économiques spéciales comme moteurs de croissance
-
Tirer parti des technologies numériques et de l’Intelligence artificielle pour renforcer les systèmes éducatifs, améliorer la gouvernance des données et orienter les investissements vers des solutions fondées sur des données probantes.
-
Aligner les universités, les systèmes de formation et les écosystèmes entrepreneuriaux sur les besoins du marché afin d’accélérer l’innovation et la croissance des entreprises.
Le Forum a conclu que la transformation du continent dépend du financement de son propre avenir – en investissant dans les personnes, les idées et l’innovation pour stimuler une croissance durable. Établir des partenariats avec l’Afrique, et pas seulement sur le territoire, sera essentiel pour garantir que les flux de capitaux correspondent aux priorités et au potentiel du continent.
Organisé chaque année par la Commission économique pour l’Afrique (CEA), en partenariat avec des acteurs clés, dont la Commission de l’Union africaine, le Forum des entreprises africaines (ABF) se tient en marge du Sommet de l’Union africaine. Il constitue une plateforme de premier plan pour les échanges de haut niveau entre les chefs d’État et de gouvernement africains, les dirigeants du secteur privé, les institutions de financement du développement et les partenaires internationaux.
À propos de la Commission économique pour l’Afrique
Créée en 1958 par le Conseil économique et social (ECOSOC) des Nations Unies (ONU), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) est l’une des cinq commissions régionales et a pour mandat d’appuyer le développement économique et social de ses États membres, de favoriser l’intégration régionale et de promouvoir la coopération internationale au service du développement de l’Afrique. Composée de 54 États membres, la CEA joue un double rôle en tant qu’organisme régional de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et en tant que partie intégrante du paysage institutionnel régional en Afrique.
Pour de plus amples informations, veuillez consulter le site : www.uneca.org
À propos du Forum des entreprises africaines : https://www.uneca.org/eca-events/africa-business-forum-2026
Publié par :
La Section de la communication
Commission économique pour l’Afrique
BP 3001
Addis-Abeba (Éthiopie)
Tél. +251 11 551 5826
Adresse électronique : eca-info@un.org