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CoM 2026, Comité d'experts - Allocution d'ouverture de la secrétaire exécutive adjointe Mama Keita

28 mars, 2026

Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique

 

Comité d’experts

Allocution d’ouverture

Secrétaire exécutive adjointe

 

mars 2026

Mesdames et Messieurs les délégués,

Mesdames et Messieurs,

Au nom du Sous-Secrétaire général des Nations Unies et Secrétaire exécutif de la CEA, M. Claver Gatete, j’ai le grand plaisir de vous souhaiter à tous la bienvenue à cette réunion.

Le thème de la Conférence de cette année, « La croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique », tombe à point nommé et nous offre une occasion unique de débattre du rôle que les données et les technologies de pointe peuvent jouer afin d’accélérer la transformation de l’Afrique et la réalisation d’une croissance durable grâce à l’innovation.

Mesdames et Messieurs,

Nous sommes dans une situation où l’innovation n’a pas eu d’incidence considérable sur la croissance en Afrique. Entre 2000 et 2023, la croissance du produit intérieur brut (PIB) du continent a été en moyenne de 3,5 %, mais la composition de cette croissance montre que très peu de progrès ont été accomplis en matière de transformation visant à améliorer la productivité.

La croissance de l’Afrique a été principalement tirée par l’accumulation des facteurs de production, à savoir le capital et la main-d’œuvre. La productivité totale des facteurs, qui tient compte de l’efficacité, du progrès technologique, de la qualité des institutions et des intrants non mesurés, n’a pas apporté de contribution significative. Nous devons augmenter cette contribution. Mais comment faire ?

En d’autres termes, comment l’Afrique peut-elle tirer parti des technologies de pointe pour exploiter ses ressources naturelles, sa population jeune et ses marchés importants afin de stimuler la hausse de la productivité ?

Mesdames et Messieurs les délégués,

Les technologies de pointe et l’innovation ne permettent pas seulement de libérer le potentiel de croissance de l’Afrique et de renforcer la compétitivité de ses économies grâce à l’accroissement de la productivité et à la diversification. Elles servent aussi à accélérer la transformation structurelle, en favorisant la réaffectation indispensable des ressources des secteurs à faible productivité vers ceux à forte productivité. Lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre politique et réglementaire favorable, qu’elles bénéficient d’un financement adéquat et qu’elles s’appuient sur l’analyse des données, les technologies de pointe et l’innovation qu’elles génèrent peuvent améliorer le niveau de vie et donner aux pays les moyens de se doter d’un avantage concurrentiel durable.

Mesdames et Messieurs,

L’Afrique progresse dans l’adoption des technologies de pointe, mais elle ne le fait manifestement pas aussi rapidement que d’autres régions. Permettez-moi d’illustrer ce point en donnant quelques exemples :

  1. D’ici 2030, l’intelligence artificielle devrait contribuer de 5,6 % au PIB de l’Afrique, de l’Océanie et des marchés asiatiques en développement. Ce chiffre peut sembler important, mais il est bien inférieur à ceux de 10,4 % escompté dans les pays développés d’Asie, de 14,5 % en Amérique du Nord et de 10,3 % en Europe.

  2. Le marché de l’Internet des objets en Afrique pourrait passer de 7 milliards de dollars en 2024 à plus de 20 milliards de dollars d’ici 2031, grâce à la pénétration croissante des terminaux de poche, à l’augmentation du nombre de connexions mobiles sous licence, ainsi qu’à l’utilisation accrue de systèmes intelligents dans les domaines de l’agriculture, de la logistique et de la gestion des services publics. Ce chiffre ne représente toutefois qu’environ 0,9 % du marché mondial, estimé à 2 650 milliards de dollars en 2031.

  3. La taille du marché africain de la biotechnologie devrait atteindre 138,2 milliards de dollars d’ici 2030, celle du marché mondial étant estimée à 3 880 milliards de dollars.

Mesdames et Messieurs les délégués,

Les possibilités qu’offrent les technologies de pointe, tous secteurs économiques confondus, sont immenses et multidimensionnelles.

Par exemple, il ne fait aucun doute que les plateformes numériques, qui s’appuient sur des technologies de pointe, telles que l’intelligence artificielle, l’Internet des objets et la chaîne de blocs, pour n’en citer que quelques-unes, recèlent un potentiel considérable de réduction de la pauvreté, de création d’emploi, de promotion de l’intégration économique et de stimulation de la croissance économique. Les systèmes de paiement numérique et les plateformes de paiement mobile sont en train de transformer les économies africaines, car ils réduisent les coûts de transaction, améliorent l’efficacité, facilitent l’accès au financement et aux marchés, et favorisent l’inclusion financière.

Par ailleurs, près de 30 % des minéraux critiques à l’échelle mondiale, indispensables aux technologies de l’énergie propre, se trouvent en Afrique, ce qui confère au continent un avantage comparatif par rapport aux autres régions du monde. Des secteurs stratégiques, tels que les technologies et les télécommunications numériques, dépendent aussi de ces minéraux essentiels, ce qui fait de l’Afrique un acteur incontournable dans ce domaine vital et en pleine expansion.

Les technologies de pointe sont également susceptibles de transformer l’agriculture en Afrique, car elles peuvent servir à accroître sa productivité, à améliorer l’utilisation rationnelle de l’eau et des terres, ainsi qu’à favoriser la résilience face aux changements climatiques et l’adaptation à leurs effets.

Au Kenya et en Tanzanie, par exemple, une variété hybride de maïs génétiquement modifiée et résistante à la sécheresse a été mise au point ; elle donne des rendements supérieurs de 35 %  à 50 % à ceux des variétés de maïs classiques en période de sécheresse et consomme 30 % moins d’eau.

De même, les producteurs de canne à sucre du KwaZulu-Natal, en Afrique du Sud, ont recours à l’imagerie satellite multispectrale pour détecter les premiers signes de stress hydrique, et adapter ainsi leur programme d’irrigation en temps opportun.

Mesdames et Messieurs,

La révolution numérique mondiale et les progrès des technologies de pointe exigent une main-d’œuvre qui sait s’adapter. L’Afrique a la population la plus jeune de toutes les régions du monde, l’âge médian étant de 19 ans, contre 33 ans en Asie, 42 ans en Europe, 33 ans en Amérique latine et dans les Caraïbes, et 39 ans en Amérique du Nord. Les jeunes ont tendance à être plus adaptables et créatifs, et ils utilisent davantage les technologies numériques et innovantes, ce qui élargit le marché. Cela met en évidence un autre avantage concurrentiel de l’Afrique.

À l’échelle mondiale, l’intelligence artificielle et l’automatisation devraient créer 170 millions d’emplois tout en en supprimant 92 millions d’ici 2030, ce qui se traduira par un gain net de 78 millions d’emplois. L’Afrique ne pourra bénéficier de ces nouveaux emplois que si elle accorde la priorité à la formation de sa population aux compétences numériques.

Mesdames et Messieurs,

À la CEA, nous sommes convaincus que, pour exploiter le potentiel illimité des technologies de pointe, les pays africains doivent prendre un certain nombre de mesures.

Tout d’abord, il est essentiel de disposer d’un leadership national de haut niveau, spécifiquement consacré aux technologies de pointe. Il faut, dans chaque pays, une équipe alerte et de haut niveau, qui dirige l’élaboration des politiques et stratégies nationales pertinentes, fournit des ressources adéquates, assure le suivi des progrès accomplis et procède aux ajustements requis afin de répondre aux questions nouvelles et émergentes. Une telle équipe peut mobiliser l’ensemble du secteur gouvernemental, identifier les champions industriels, attirer les investissements et montrer au monde entier que leur pays est prêt à mettre la technologie au service du bien commun.

Deuxièmement, nous devons donner aux entreprises informelles et aux microentreprises les moyens de tirer parti des technologies de pointe et, pour ce faire, créer des centres d’excellence dédiés au développement et à l’application rapides de l’intelligence artificielle, et leur fournir des financements et des formations.

Troisièmement, nous devons combler le manque d’infrastructures de l’Afrique et œuvrer en faveur de la souveraineté numérique, deux objectifs qui vont de pair. À l’heure actuelle, l’Afrique compte moins de 1 % des centres de données mondiaux ; or ceux-ci sont essentiels au déploiement de l’intelligence artificielle. Le fonctionnement des centres de données nécessite d’énormes quantités d’énergie, d’où l’urgence de combler les déficits énergétiques du continent.

Mesdames et Messieurs les délégués,

Les technologies émergentes peuvent contribuer à faire progresser la Zone de libre-échange continentale africaine, car elles permettent de réduire les coûts de transaction, d’améliorer la transparence et d’accroître l’efficacité des échanges commerciaux. Le commerce électronique et l’interopérabilité des systèmes de paiement sont essentiels à la mise en œuvre efficace du protocole à l’Accord sur le commerce numérique, et, par là même, à la création d’un marché unique numérique, qui tendrait à réduire la fragmentation, à améliorer l’efficacité du marché et à faciliter des échanges transfrontières sans heurts.

Le Système de paiement et de règlement panafricain permet d’effectuer des paiements transfrontières instantanés en monnaie locale, réduisant ainsi les coûts de transaction de près de moitié. La Plateforme africaine d’échange commercial, mise au point par la Commission économique pour l’Afrique et la Banque africaine d’import-export, avec le soutien de l’Union africaine et du secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, donne aux entreprises de toutes tailles la possibilité d’accéder à de nouveaux marchés et de rationaliser leurs chaînes d’approvisionnement sur le continent.

Mesdames et Messieurs,

L’adoption des technologies de pointe n’est pas sans inconvénient, car elle comporte plusieurs risques qu’il ne faut pas négliger.

À cet égard, le fait que la plupart des données africaines soient hébergées dans des centres de données situés hors du continent pose un problème majeur, en particulier lorsqu’il s’agit, par exemple, de données médicales, financières ou relatives à la sécurité, compte tenu de leur nature sensible. Cela coûte également cher et entraîne des retards dans la transmission des données.

Les lacunes en matière de capacités institutionnelles et humaines, associées à des politiques obsolètes ou inexistantes en matière de protection des données, de cybersécurité et d’identification numérique, freinent encore davantage les progrès vers la souveraineté numérique sur le continent.

La dépendance à l’égard du matériel, des logiciels, des infrastructures informatiques en nuage et des composants spécialisés importés expose également les économies africaines à des chocs d’approvisionnement, à la volatilité des prix et au verrouillage technologique. Le faible niveau de production nationale et l’insuffisance des capacités de recherche-développement limitent encore davantage les possibilités de création de valeur ajoutée locale.

On ne peut pas non plus ignorer les effets perturbateurs des nouvelles technologies sur le marché du travail africain. Les suppressions d’emplois liées à la technologie ont tendance à se produire rapidement, tandis que la création d’emplois se fait souvent lentement. De plus, les nouveaux emplois liés aux technologies émergentes se trouvent souvent dans des régions ou des secteurs différents et ne correspondent pas aux postes supprimés. Les perturbations du marché du travail, associées aux rigidités existantes, peuvent aggraver les chiffres du chômage et accentuer, voire amplifier, les inégalités sociales et économiques sur le continent.

C’est la nécessité de relever les défis et de faire face aux risques que je viens d’évoquer qui a inspiré le thème de cette Conférence : « La croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique en Afrique ». Ce thème est aussi celui du Rapport économique sur l’Afrique 2026, qui sera présenté lors de la réunion ministérielle, la semaine prochaine, et qui met en avant :

  1. L’impact de l’innovation sur la croissance économique et le développement grâce à une productivité accrue.

  2. Les possibilités, les risques et les défis liés à l’exploitation des données et des technologies de pointe au profit de la transformation économique, et

  3. Les mesures que les pays africains peuvent mettre en œuvre pour exploiter pleinement le potentiel de transformation des technologies de pointe.

Alors que nous réfléchissons à la mission de cette Conférence, qui consiste à recenser et à proposer des mesures stratégiques porteuses de changement afin de tirer parti des données et des technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique, je nous invite tous à faire preuve d’audace, mais aussi de créativité.

Je vous remercie de votre aimable attention.

 

[Arabic version]

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