| Retour Au cours de la séance thématique sur l'eau et la sécurité alimentaire, il a été procédé à l'examen des stratégies et des possibilités d'investissement dans la gestion de l'eau pour l'agriculture. La séance a enregistré une très forte participation, plus de 100 personnes qui se sont réparties en deux sous-groupes. Elle a été présidée par S.E. M. Mahmood Abu Zeid, ministre égyptien des ressources en eau et de l'irrigation. Les participants ont rappelé que, malgré une augmentation de la production alimentaire mondiale, l'Afrique était toujours à la traîne. La malnutrition, la pauvreté et la dégradation de l'environnement demeuraient les aspects caractéristiques du continent. La production alimentaire par habitant n'a cessé de chuter, entraînant par conséquent une diminution des investissements dans le domaine agricole. Mais contrairement à une idée généralement répandue, les rendements découlant des investissements réalisés dans le domaine de l'irrigation étaient, dans l'ensemble, comparables à ceux d'autres investissements. Des liens évidents existent entre la disponibilité en eau, la réduction de la pauvreté et la croissance économique. Il est donc grand temps de renverser la tendance et de trouver des moyens de promouvoir davantage l'investissement dans l'eau pour l'agriculture, celle-ci demeurant à ce jour le « moteur » de la croissance économique en Afrique. Les participants ont insisté sur la nécessité d'établir des liens étroits entre les politiques dans le domaine de l'eau et de l'agriculture , afin que les investissements réalisés dans le secteur portent des fruits. A cet égard, l'agriculture devrait être considérée dans son sens le plus large, pour y inclure notamment l'élevage, la pêche et les cultures. Les investissements dans le domaine de l'eau pour l'agriculture devraient, à l'avenir, être beaucoup mieux ciblés et satisfaire des besoins réels plutôt que de chercher à mettre en place des infrastructures physiques. Pour améliorer les rendements provenant des investissements réalisés en vue de l'utilisation de l'eau à des fins agricoles, les participants ont recommandé que l'accent porte essentiellement sur les domaines d'action ci-après : 1.
Recherche de possibilités pour des technologies novatrices et l'amélioration
de la gestion de l'eau pour l'agriculture.
Entre autres exemples, on peut citer les possibilités d'irrigation en faveur des pauvres et des femmes, une approche beaucoup plus globale pour ce qui a trait à la conservation de l'humidité des sols, notamment la gestion de la fertilité des sols, l'irrigation supplémentaire, la collecte des eaux de pluie dans les ménages et dans les champs, l'utilisation des eaux souterraines, etc. Les participants ont reconnu que les grands programmes publics d'irrigation jouaient un rôle important dans la réduction de la pauvreté, mais ils ont insisté sur la nécessité d'_uvrer en vue de l'adoption de pratiques de gestion plus modernes, qui associeraient les utilisateurs à la prise de décisions et assureraient une souplesse et une fiabilité plus grandes dans l'utilisation de l'eau. 2.
Promotion d'approches novatrices en vue de l'investissement dans l'eau
pour l'agriculture
Les investissements publics devraient être plus stratégiques et venir en appui à des initiatives privées. Il faudrait encourager de tels investissements pour les petites, moyennes et grandes entreprises. Les incitations économiques devraient permettre d'enregistrer rapidement de plus en plus d'expériences positives, avec un accent tout particulier sur le soutien aux femmes. Il faudrait encourager des utilisations multiples des infrastructures pour l'eau, comme par exemple la conservation de l'eau et la promotion de l'utilisation de l'eau à usage domestique à des fins de production. 3.
Mise en place des conditions nécessaires en vue de garantir de
bons rendements pour les investisseurs privés et publics dans le
domaine de l'eau pour l'agriculture
Faute d'un environnement agricole favorable, grâce en partie à des politiques agricoles et à un cadre institutionnel approprié, la gestion de l'eau pour l'agriculture ne peut servir à des fins de production. Il conviendrait de créer des marchés à tous les niveaux ; les infrastructures rurales de base, notamment les routes, s'avèrent indispensables ; les agriculteurs ont besoin que leur statut en matière d'occupation des terres et de droits d'usage de l'eau soient garantis ; il faudrait aussi encourager les organisations d'agriculteurs, ainsi que le renforcement des capacités, la recherche de soutien, la vulgarisation et la formation. La recherche et le développement devraient notamment promouvoir les innovations qui sont fondées sur la tradition. 4.
Promotion de l'utilisation de l'eau pour l'agriculture dans le cadre de
la gestion intégrée des ressources en eau
Il faudrait augmenter la productivité de l'eau, afin d'assurer une répartition plus équitable entre les utilisations concurrentes. Une attention particulière devrait être accordée aux problèmes environnementaux en vue de promouvoir un impact positif et d'atténuer les effets externes négatifs. Il faudrait encourager les technologies novatrices de conservation qui permettent une utilisation plus rationnelle de l'eau et mettre en place des mécanismes institutionnels pour la gestion transfrontalière de l'eau et accorder une attention particulière à la coopération régionale en encourageant le partage des bénéfices tirés de l'utilisation des ressources. 5.
Appui au programme de coopération pour les d'investissements dans
la gestion de l'eau en Afrique.
Le programme de coopération est conjointement mis en _uvre par les organismes suivants : BafD, FAO, FIDA, Institut international de gestion des ressources en eau et Banque mondiale, avec l'appui du NEPAD. Il a pour but d'identifier des possibilités d'investissements plus importants et plus efficaces dans le domaine de l'eau pour l'agriculture en Afrique subsaharienne. Le programme repose en grande partie sur le savoir-faire et l'expertise au niveau local. Pour conclure, les participants ont réaffirmé qu'ils soutenaient les grandes orientations du Programme global de développement de l'agriculture en Afrique dans le cadre du NEPAD. Ils ont vivement recommandé qu'une attention beaucoup plus grande soit accordée à la promotion des investissements afin de développer et d'améliorer la gestion de l'eau pour la production agricole, en tenant compte du fait qu'au niveau du continent, les avantages sociaux, économiques et environnementaux de tels investissements étaient très importants.
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